Magalie Habitant :« Mon rêve, c’est de faire du SMCRS une institution modèle dans le pays »





À moins de deux semaines de son installation à la direction du Service métropolitain de collecte de résidus solides, Magalie Habitant annonce une opération de nettoyage, avec l’aide du secteur privé, dans la région métropolitaine, du 7 au 9 avril 2017. Cette opération, participe de sa vision de transformer l’image de la capitale noyée sous des tonnes d’immondices. C’est également un signal de départ qui semble exprimer sa volonté de montrer que l’institution veut répondre à l’appel.

Interrogée à son bureau, le vendredi 7 avril, la directrice du SMCRS affirme que son rêve est de réformer l’institution qu’elle souhaite voir devenir un modèle dans le pays. C’est aussi ce que veut Jovenel Moïse, président de la République, explique Magalie Habitant. « Le président veut lutter contre les détritus dans les rues de Port-au-Prince, et moi, j’ai la volonté pour y parvenir. Je veux travailler », enchaîne-t-elle, optimiste, espérant que le président Jovenel Moïse et son Premier ministre, le Dr Jack Guy Lafontant, vont placer tout leur poids dans la balance. Le ministre de l’Intérieur, Max Roudolphe Saint Albin, est déjà disposé à faire pareil, dit madame Habitant, rassurée.




« Bientôt, nous allons passer dans chaque quartier, l’un après l’autre, dans la région métropolitaine, en vue de ramasser les ordures », annonce Magalie Habitant. Toutefois, l’institution qu’elle dirige peine à délivrer la marchandise. Ce n’est pas la nouvelle directrice qui dira le contraire. « Nous avons trouvé une institution qui ne marche pas. Tout est dans le désordre », relate-t-elle. Outre les problèmes administratifs, il y a l’insuffisance de matériels de travail. Mais le gouvernement ne dispose pas encore de moyens pour doter le SMCRS de nouveaux matériels de travail, affirme Magalie Habitant. Pour l’instant, la direction va procéder à des travaux de réparation de certains équipements éparpillés dans la cour. Cela va garantir un certain niveau de fonctionnement de l’institution, à en croire madame Habitant. « Nous sommes venus pour travailler, apporter des solutions, en investissant toute notre force », promet-elle.

Aux travailleurs de l’institution qu’elle dit avoir rencontrés durant ses premiers jours, Magalie Habitant, ferme, adresse son message. « Je suis là pour tous ceux qui veulent travailler. Je ne pourrai pas le faire avec ceux-là qui ne le veulent pas », dit-elle. Tout en souhaitant avoir l’appui des différents maires de la région métropolitaine, elle annonce une grande mobilisation dénommée « Koukouwouj dèyè fatra ».




Les travailleurs oisifs, faute de matériels de travail

Au SMCRS, mis à part les nombreux matériels de travail visiblement désuets, on retrouve plusieurs groupes de salariés (travailleurs) se réfugiant dans des recoins discutant de tout et de rien. Ce n’est pas la bonne volonté qui leur manque. Quotidiennement, ils font d’ailleurs acte de présence, mais ils tuent le temps, puisque des difficultés les empêchent de s’atteler convenablement à leur tâche. C’est en tout cas ce qu’a martelé un membre du syndicat des travailleurs du SMCRS, David Duclair, porte-parole, qui va avoir 20 ans dans cette institution. «Les conditions ne sont pas réunies. Les moyens sont limités. Nous sommes en défaillance. Nous n’avons toujours pas de nouveaux matériels de travail », relate-t-il. Les revendications dudit syndicat, qui a tenu différents mouvements sous l’administration de Zchéa Caze, n’ont pas changé.

« La capitale est sale. La situation est critique. Cela nous attriste, parce qu’il nous revient d’agir en conséquence. Mais nous ne pouvons pas travailler », se désole le porte-parole qui, au nom du syndicat, dit attendre de Magalie Habitant une franche collaboration pour permettre à l’institution de fonctionner.

Par ailleurs, quoiqu’ils ne veuillent pas épiloguer là-dessus, les membres du syndicat, adressent, à leur tour, un message à la directrice qui, disent-ils, évoque déjà la possibilité de procéder à la révocation de beaucoup de leurs collègues. « Elle est en train de grimper une pente fragile. Elle parle déjà de possibilité de révoquer certains d’entre nous. Nous n’allons pas accepter cette démarche. Son travail est de nous donner des outils pour fonctionner en vue de changer l’image de la capitale », recommande David Duclair.



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