Les non-dits de la réunion du Conseil de Securite des Nations Unies du 17 Octobre 2022 par Ambassadeur Stanley Lucas

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Le Conseil de Sécurité s’est réuni ce 17 Octobre 2022. Déjà la date choisie pour annoncer une mission d’intervention militaire en Haïti et un régime de sanctions est une insulte faite aux Haïtiens. Le 17 Octobre est la date de l’assassinat de l’empereur Jean Jacques Dessalines par les oligarques de l’époque parce qu’il avait osé demander aux mulâtres est-ce que les noirs venus d’Afrique n’auront pas aussi accès aux richesses d’Haiti? Le Président Jovenel Moïse a été tué le 7 Juillet 2021 par les descendants de ces oligarques pour les mêmes raisons. En choisissant cette date le conseil de sécurité a démontré soit un manque de sensibilité culturelle ou volontairement a affiché son racisme systémique par rapport à la première république nègre du monde. Rappelons que les haïtiens sont contre toute intervention militaire étrangère dans leur pays. Les onze interventions précédentes au cours de l’histoire de leur pays ont été catastrophiques.




L’éléphant dans la salle du conseil de sécurité est l’assassinat du 58em président constitutionnel d’Haiti Jovenel Moïse le 7 Juillet 2021. Malgré deux requêtes officielles du gouvernement haïtien les 19 Juillet et 6 Août 2021 le conseil de sécurité a jusqu’à présent a refusé de mettre en place un tribunal spécial pour enquêter sur l’assassinat du président comme cela a été fait après le crime fait sur le premier ministre du Liban Rafiq Hariri. Les haïtiens se demandent pourquoi cette résistance? Rappelons que c’est la population qui a capturé les soldats de Colombie qui ont assassiné le Président Moïse. Au moins le nouveau président colombien a présenté des excuses à Haïti qui a fourni des armes et soldats à Simon Bolivar pour libérer ce pays de l’esclavage.

L’autre non-dit de cette réunion est l’épidémie du choléra amenée en Haïti par les soldats népalais des Nations Unies en Novembre 2010. Le choléra des Nations Unies a tué 10,500 haïtiens et contaminé un million. Le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon avait non seulement reconnu la responsabilité des Nations Unies dans la propagation de l’épidémie, il avait aussi promis de payer des réparations aux familles des victimes. Douze ans après, comme si la vie des noirs d’Haiti, n’a pas de valeur, rien n’a été fait. Pis l’épidémie du choléra vient de reprendre. Les soldats des nations unies durant leur présence de 2004 à 2017 étaient impliqués dans des abus et violences sexuels contre des garçons, des hommes et des femmes d’Haiti. Pa de justice non plus pour les haïtiens victimes. Pas un mot des grands ténors des nations unies sur ces réalités sauvages et barbares durant cette réunion.




Les représentants des états membres ont ignoré le fait que le Premier Ministre Ariel Henry est impliqué dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse selon l’enquête réalisé par le procureur haïtien Bedford Claude et le rapport de la direction centrale de la police judiciaire. Depuis leur installation, le premier ministre et son ministre de la justice Berto Dorce avocat des oligarques de l’électricité ont fait dix-sept obstructions à la justice. Rappelons que les oligarques ont participé à l’assassinat du Président Moïse. L’ex Première Dame de la république, Martine Moïse, victime qui a survécue à l’attentat, a formellement porté plainte contre lui. En plus plusieurs membres du gouvernement collaborent avec les gangs et sont impliqués dans les kidnappings et le trafique des armes. Les plus connus sont le premier ministre, les ministres de l’intérieur et de la justice et le Secrétaire Général du palais national.

La réunion du conseil a aussi ignoré la prochaine tentative de coup d’état avec le soutien des intérêts spéciaux deux états membres du conseil. Ce qu’on appelle dialogue de la société civile et “accords” ne sont autres que des regroupements d’individus corrompus au service des oligarques et non représentatifs du peuple haïtien. Une analyse des résultats des cinq dernières élections d’Haiti permet de confirmer ça. Leurs noms ne figurent nul part sur l’échiquier démocratique. On retrouve leurs noms dans des scandales de corruptions passées de l’administration publique haïtienne. On n’a qu’à aller sur Google et taper, le premier ministre nommé, la société civile et l’or de l banque de la république d’Haïti et on découvrira le jeu des dupes. Ils sont le prolongement en Haïti des élites globalistes corrompues et des racistes. En essayant d’imposer ces individus corrompus rejetés par le peuple dans le but d’obtenir des contrats miniers illégaux et autres durant la transition, conduira Haïti à une crise plus profonde à cause de la résistance populaire. Après l’assassinat du président de la république la constitution exige que le prochain président soit élu par le peuple. En attendant cette élection c’est un premier ministre et son cabinet qui dirige le pouvoir exécutif. Ils ont deux autorités constitutionnelles, gérer les affaires courantes et organiser les les élections. C’est ce que dit l’article 149. Ces dits “accords” ne sont pas prévus par la loi mère.




La constitution d’Haiti reconnaît deux forces. La Police et l’armée. Depuis six ans la communauté internationale refuse l’assistance en armes et équipements à ces deux institutions haïtiennes. Alors que les gangs reçoivent des cargaisons d’armes de l’étranger. Qui veut affaiblir l’état d’Haiti et pourquoi?

Il faut ajouter que cette même communauté internationale fournit en grande quantité des armes et des équipements à l’armée de la république dominicaine qui a commis un genocide en tuant 30,000 Haïtiens en 1937. Pourquoi ce double standard? Est-ce du racisme systémique en forçant l’association d’Haiti à la république Dominicaine et en ignorant les besoins de sécurité d’Haiti?

Certains membres de la communauté internationale ne parlent plus d’élections pour le retour à l’ordre constitutionnel. La violence des gangs en Haïti se circonscrit dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Plus de 90% d’Haïti n’a pas de problème de sécurité. La situation sécuritaire d’Haiti est de loin meilleure à l’Irak et l’Afghanistan lorsque des élections avaient été organisées dans ces deux pays. La situation de la zone métropolitaine est moins pire que la situation des gangs à Chicago. Pourquoi continuer à exclure le peuple du processus et des décisions politiques? Pourquoi dire que des élections ne sont pas possibles pour le moment en Haïti alors que c’est faux? Pourquoi accepter la dissolution par le premier ministre du conseil électoral qui était à un stade avancé dans la préparation et l’organisation des élections. Plus de 137 partis politiques reconnus étaient déjà enregistrés et cinq millions d’électeurs ont leur carte électorale.




Le conseil de sécurité a présenté deux résolutions. L’une concernant des sanctions ciblées contre ceux liés aux gangs, au trafique des armes et à la violence. Pour les haïtiens 300 personnes faisant partie de quinze catégories devraient tomber sous le coup de ces sanctions. Des négociations sont en cours entre les puissants sur ces deux résolutions. Mais le peuple Haïtien a des doutes puisque certains oligarques et acteurs politiques sont des agents de cette communauté. La seconde résolution consiste à une force d’intervention militaire non onusienne avec un scope et une durée limitée. Cette force reste une nébuleuse. Les haïtiens se posent des questions est-ce que ce sera une compagnie de sécurité privée dans le genre qui ont créé des problèmes en Irak?

Le courant ne passe pas bien entre les haïtiens et la communauté internationale dont les intérêts ne convergent pas. C’est la première fois depuis longtemps que le sentiment anti-blanc est aussi fort en Haïti. C’est le résultat d’injustices et d’exploitations accumulées. L’année 2023 risque d’être explosive en Haïti si ces frustrations sont ignorées.

* Ambassadeur Lucas était le Conseiller Spécial du Président Jovenel Moïse

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