Jovenel Moïse réclame 390 millions de dollars à l’ONU pour éradiquer le choléra





Les pertes en vie humaine et les dégâts du choléra en Haïti sont inestimables et irréparables. Le président Jovenel Moïse l’a clairement fait savoir à la communauté internationale lors d’une table ronde sur le choléra organisée mardi soir au siège de l’ONU à New York. S’il y a eu des avancées significatives dans la lutte contre cette épidémie depuis son apparition dans le pays en 2010, la maladie continue, par contre, à faire des victimes. Pour l’éradiquer totalement d’ici 2022, Jovenel Moïse réclame aux membres des Nations unies une enveloppe de 390 millions de dollars américains.

« Je fais le plaidoyer auprès de l’Assemblée générale des Nations unies pour rappeler l’urgence de la poursuite des financements internationaux pour vaincre le choléra. Il nous faudra disposer d’une enveloppe estimée à 390 millions de dollars américains si nous voulons réellement mettre fin à cette épidémie d’ici 2022 », a indiqué le président haïtien dans cette table ronde à l’ONU.

Jovenel Moïse a rappelé que depuis l’introduction du choléra dans le pays en octobre 2010, Haïti est engagée dans une véritable course-poursuite pour endiguer ce fléau qui a déjà fait de 2010 à 2018 huit cent dix mille sept cent-sept (810 707) cas suspects de choléra et neuf mille sept cent quatre-vingt-cinq (9.785) décès de nos compatriotes enregistrés.




Selon les explications du chef de l’Etat à la communauté internationale, il faut tout effort pour éliminer ce fléau d’Haïti, urgence, renforcer la prise en charge du choléra dans les institutions où ce service est déjà disponible. Mais, a-t-il souligné, dans le même temps, « il nous faut également construire et équiper 122 Centres communautaires de santé (CCS) dans les sections communales dépourvues d’infrastructures sanitaires. Déjà, des modèles de ces centres de santé existent. Il suffit d’y mettre les moyens. Aussi, la volonté politique existe. J’ai personnellement instruit le gouvernement de s’atteler à cette lourde et difficile tâche, et ce de manière résolue ».

Le président Moïse affirme que la mobilisation de la communauté internationale associée à un réveil citoyen et à un engagement ferme et résolu de la machine étatique, le système de santé haïtien « nous a heureusement permis de prendre les bonnes et sages décisions pour parvenir à circonscrire les effets néfastes de cette épidémie. Déjà le taux d’incidence, qui était de 18.38 pour 1 000 habitants en 2010, est passé à 0.23 pour 1 000 en 2018 ».

Le locataire du Palais national a souligné à l’ONU qu’Haïti dispose déjà d’un plan qui est déjà opérationnel pour éradiquer le choléra dans le pays d’ici 2022. Mais il nous faut du financement. « Si les ressources prévues sont mises à notre disposition, l’élimination de la maladie sera à notre portée, puisque le point le plus bas a été atteint avec le dernier taux d’incidence de 0.13 signalé par les dernières statistiques nationales. Donc, dans le domaine de la lutte contre le choléra, l’horizon s’éclaircit chaque jour davantage pour le peuple haïtien déjà. Cependant, il est impératif de consolider les acquis », a-t-il avancé pour convaincre les bailleurs de fonds à sortir leur chéquier.




Parmi les points qu’il y a dans le plan on peut citer : la surveillance épidémiologique pour retracer les cas potentiels de choléra ; l’intensification des activités de sensibilisation destinées à la population pour un comportement responsable vis-à-vis des facteurs favorisant l’apparition du choléra ; le déploiement des agents de santé communautaire polyvalents (ASCP) pour le dépistage et le suivi des cas suspects de choléra. Ces derniers devront intervenir directement dans les foyers lors de visites domiciliaires et sous la supervision d’auxiliaires infirmières polyvalentes (AIP).

Il y a aussi le renforcement des centres de dépistage et de traitement des diarrhées aiguës (CDTA) dans les régions du pays à forte prévalence de cas de choléra ; l’augmentation de l’accès à l’eau potable dans les localités et quartiers très affectés par le choléra ; la régulation du système d’approvisionnement en eau potable ; la poursuite des campagnes de vaccination contre le choléra (OCV) dans les départements du Centre, de l’Artibonite et de l’Ouest…

Confiant dans ce plan, Jovenel Moïse a affirmé qu’Haïti va éloigner de ses frontières le spectre du choléra qui, selon lui, était une maladie méconnue dans les annales de la médecine haïtienne. « Pour la déraciner, tous les moyens humains et matériels doivent être mobilisés avant qu’il ne soit trop tard. Haïti va sortir certainement de cette mauvaise impasse. Mais elle ne le fera pas sans vous », a appelé le chef de l’Etat.

Aucune promesse concrète n’a été faite au cours de cette session à l’ONU sur le choléra. Cependant, la demande du président haïtien et ses explications permettent de remettre sur le tapis le dossier du financement pour combattre l’épidémie en Haïti.



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