Yoka, le verdict sans appel

S’il a remonté la pente, Tony
Yoka n’a plus droit à l’erreur dans sa carrière. Et c’est un proche
qui le dit.
Par trois fois, d’affilée, Tony Yoka s’est incliné alors qu’il
briguait la lune. Face à Martin Bakolé, à Carlos Takam et à Ryad
Merhy, l’intéressé a mordu la poussière dans sa conquête de gloire
et puissance. Des revers douloureux concédés en 2022 et 2023 que
l’intéressé s’efforce d’effacer depuis un an.
A son crédit, une autre série de trois victoires – dont une en
mai dernier à Paris contre le Russe Arslan Yallyev. Mais aussi et
surtout un autre cadre de vie et de nouveaux repères incarnés
notamment par l’entraîneur Don Charles et le promoteur Frank
Warren. Avec en perspective la lumière, à nouveau, et un possible
combat contre Anthony Joshua, ex-patron
WBA-WBO-IBF des lourds, en décembre prochain.
Pour Brahim Asloum, qui connaît par cœur le champion olympique
de Rio 2016, Tony Yoka joue sa carrière sur ce coup-là.
« Il sait que, quoi qu’il arrive, c’est sa dernière
chance. Ce combat peut lui faire revenir le respect, faire repartir
la machine. Il a le droit de trébucher, mais ça dépend de la
manière. Ses trois défaites, qui n’étaient pas contre des champions
du monde, ce n’était pas digne. Tony, c’est un cérébral, mais quand
il monte sur le ring, il doit débrancher son cerveau. La peur, les
risques, ça fait partie de la boxe. Contre Joshua, il faudra un
mental d’acier. Et cette confiance, elle viendra notamment en
sentant qu’il fait mal. »
« Tony a connu des bugs », souligne Asloum
Le défi dès lors pourrait sembler trop grand. Mais Brahim
Asloum, ainsi relayé par L’Equipe, croit encore dans le potentiel
du titi parisien de 33 ans. « On n’est pas champion
olympique par hasard. La carrière de Tony a connu des bugs pour X
raison, mais il fallait sans doute qu’il les vive. Il a envie de
revanche, de démontrer. Tout le monde pense qu’il est cuit, il ne
faut pas se mentir, mais soit ce sera le plus gros gâchis, soit ce
sera le plus gros come-back du sport mondial. Or, il a une marge de
progression réelle. »
Parmi les axes de travail prioritaires, une évidence aux yeux de
Brahim Asloum: « Il ne sait pas se coller à son
adversaire, travailler en corps à corps. Comment, en sept ans, son
entraîneur américain Vigil Hunter a pu ne pas lui apprendre ? Si tu
veux faire partie des meilleurs, tu dois maîtriser les attaques.
Face à un tank comme Martin Bakolé, tu dois savoir t’accrocher.
Vladimir Klitschko, qui ne prenait pas les coups, a appris à
s’accrocher. Résultat, il est resté champion du monde dix ans. Tony
a les facultés pour l’apprendre. »


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