“Un peu violent”, la confession de Léon Marchand

Léon Marchand a connu une
ascension fulgurante dans sa carrière, promu superstar des JO à
Paris en 2024. Un changement de statut forcément
brutal.
Quadruple champion olympique, cinq fois médaillé aux
JO de Paris
2024, Léon Marchand est devenu une icône du sport
français lors de cette parenthèse estivale enchantée. Pour autant,
le jeune homme a dû composer avec le revers de la médaille: la
notoriété, ses affres et ses tourments.
Sur un ton léger, pour L’Equipe, le nageur en or évoque les
demandes de mariage qu’il a reçues par dizaines. « Beaucoup
trop », s’amuse-t-il, avant d’enchaîner, plus grave:
« Les gens me disent qu’ils m’aiment alors qu’ils ne me
connaissent pas. Ils savent ce que j’ai fait dans l’eau, mais pas
ce que je vaux humainement. »
Face à cette déferlante d’admiration pas toujours canalisée,
l’intéressé avoue avoir eu besoin de faire le vide. « J’ai
préféré m’isoler pour mieux contrôler tout ça. Ou plutôt
disparaître. C’était un peu violent pour un gosse de vingt-deux
ans. » Même les Etats-Unis alors ont pu lui sembler trop
petits, alors le prodige haut-garonnais s’est éclipsé trois mois en
Australie en début d’année 2025.
L’appel du vide
« M’éloigner pour me recentrer, ça m’a aidé à m’exonérer de
ce que les gens attendaient de moi, souffle-t-il. C’est
marrant, j’ai toujours fait ça. Les quatre années précédentes,
j’avais eu de bons résultats, gagné des courses, battu des records.
A chaque fois, je le disais à mon père, j’avais besoin d’être seul
pendant un petit moment, pour réaliser, pour écrire ce que j’avais
fait, tourner la page et passer à autre chose. Là, il y avait plus
de pages et ça a été plus long que d’habitude. J’y pense toujours,
c’était tellement grandiose, pas seulement ce que j’ai fait, mais
la magie à Paris… »
Désormais, ce n’est plus en arrière que Léon Marchand regarde
mais droit devant. « Quand tu dois te lever pour être tous les
matins dans l’eau à 6 heures, tu dois savoir pourquoi. Et moi, je
sais très bien qu’au fond, Paris n’était qu’une étape,
conclut-il, lorgnant avec appétit les Jeux 2028 de Los Angeles.
Je ne vais pas m’arrêter là. Je sais seulement que, de ce
chapitre, je veux retenir le processus, d’avoir apprécié tout ce
qui a été mis en place, tout ce que je fais au quotidien dans
l’eau, d’avoir été stimulé par mon groupe d’entraînement aux
États-Unis ou par mes potes en équipe de France. Seul, je n’aurais
jamais accompli tout ça. Seul, je n’arriverais plus à progresser
pour le prochain chapitre à écrire. »


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