un joueur encaissait l’argent du rival !

Laurent Labit révèle un scandale
salarial au Stade Français : un joueur payé alors qu’il avait
quitté le club depuis des années.
Laurent Labit ne cache rien. À la tête du Stade Français depuis
2023, l’ancien rugbyman a quitté les Soldats Roses en mars dernier.
Dans un entretien accordé à Midi Olympique, il dénonce un
fossé profond entre ses « valeurs » et le «
fonctionnement » du club parisien, incompatible avec sa
méthode de travail, « celle avec laquelle je fonctionne depuis
plus de vingt ans ».
« J’ai quitté le club à ma demande après seize mois de
travail acharné. Ce n’est pas le club qui m’a écarté, c’est moi qui
ai demandé à être libéré », précise d’abord Laurent Labit. Ce
dernier dénonce surtout un cruel manque d’organisation, notamment
en raison de l’absence prolongée du président et propriétaire
Hans-Peter Wild. « Je pense qu’il ne connaît pas bien son club,
il ne sait pas qui fait quoi. Et on ne lui dit pas toujours la
vérité […] Le Stade Français est le seul club de Top 14 dirigé par
un président actionnaire absent 90 % du temps »,
regrette-t-il.
L’ancien technicien s’insurge aussi contre les accusations de
mauvaise gestion de la masse salariale et du salary cap portées
contre lui par la direction. Il réfute catégoriquement : « Je
n’ai aucun souvenir d’une discussion sur ce sujet. Quand il y avait
une réunion, c’était toujours à la va-vite quand le président était
de passage. On survolait les sujets, il n’y avait rien de construit
». Plus surprenant encore, il révèle que la masse salariale
comprenait encore un joueur parti depuis 2021, Gaël Fickou : «
C’est intéressant de voir le montant imputé dans notre masse
salariale pour un joueur qui n’évoluait plus au Stade Français
».
« Il a fallu tout mettre en place »
Ce dysfonctionnement touche aussi la formation et le suivi des
jeunes talents. « Le comble, c’est que des jeunes évoluant dans
nos clubs partenaires signaient dans d’autres clubs du Top 14 parce
que personne ne les connaissait. Ils n’étaient pas identifiés, on
ne les suivait pas, on ne les avait pas rencontrés. Il a fallu tout
mettre en place », déplore Labit.
Malgré une saison difficile, avec 16 défaites pour 10 victoires
et un sauvetage in extremis au barrage de relégation, Paul Gustard
a prolongé à Paris. Quant à Laurent Labit, désormais sans club, il
a choisi de se tourner vers les médias en devenant consultant pour
Canal+. « J’ai été sollicité en France et à l’étranger, mais
c’était trop tôt pour replonger », confie-t-il.


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