Robert Pirès, séquence savoureuse à l’OM

Passé deux saisons à l’Olympique
de Marseille, Robert Pirès en garde de sacrés souvenirs, dont une
certaine causerie avec Rolland Courbis.
Après une formation au Stade de Reims et une confirmation sous
le maillot du FC Metz, Robert Pirès a décidé de s’engager avec
l’Olympique de
Marseille à l’été 1998. Fraîchement sacré champion du monde
avec l’équipe de France, l’ancien milieu offensif gagne ses deux
premiers matchs (2-0 face à Nantes, et 0-1 à Metz). Puis arrive la
troisième journée de championnat, avec la réception de Montpellier
au Vélodrome. Un match fou resté dans les mémoires, les Phocéens
l’emportant 5-4 après avoir été menés 0-4 à la pause. Robert Pirès
s’est remémoré l’incroyable discours de
Rolland Courbis à la mi-temps.
Le joueur passé notamment par Arsenal et Villarreal a raconté la
séquence ce jeudi sur l’antenne de RMC, au moment
d’évoquer ses meilleurs souvenirs avec
son ancien entraîneur disparu en début de semaine. Et il l’a
fait avec un grand sourire. « On joue à domicile, mi-août,
il y a les champions du monde Laurent Blanc, Christophe Dugarry,
Robert Pirès. C’est la folie, le stade est en feu. Sauf qu’à la
mi-temps, il y a 0-4 pour Montpellier. Et là on rentre (…), je peux
vous dire qu’on s’est fait insulter. Tout ce que vous pouvez
imaginer. On s’est dit : ‘Ah ouais, c’est chaud’. Sauf que
Rolland est arrivé dans le vestiaire, hyper relax, hyper
tranquille. »
Et Robert Pirès de poursuivre son récit. « On s’est un
peu calmé, il a pris la parole et là il dit : ‘C’est simple
les gars ; on est comme sur un match de pétanque. Si Montpellier
doit gagner, il faut qu’ils mettent le cinquième but. Sauf qu’il ne
l’ont toujours pas marqué’. Il commence à parler là-dessus, à
faire son blabla sur la pétanque. Et là nous on se regarde et on se
dit (rire) […] Nous on l’appelait ‘le gros’. Parce qu’on avait des
phénomènes dans l’équipe. Donc on se disait : ‘Non mais le
gros il a craqué là. On est en train de prendre 0-4, de se faire
insulter, allumer par nos supporters, ils n’ont qu’une envie c’est
de nous défoncer, l’OM, normal, et il nous parle de
pétanque’. »
Robert Pirès, son souvenir de Rolland Courbis
Après avoir dit – sous l’œil des caméras – à l’ancien président
de Montpellier, Louis Nicollin, que son OM allait l’emporter 5-4,
Rolland Courbis a rejoint son banc de touche et a assisté à
l’incroyable réalisation de sa prédiction. Une prédiction elle même
faite sur le ton de la plaisanterie, comme il le déclarera lui-même
sur la chaîne L’Équipe de nombreuses années après. Mais pour Robert
Pirès, Rolland Courbis était « persuadé » que
ses joueurs allaient le faire.
L’occasion pour l’ancien international de s’en amuser une
nouvelle fois dans un grand éclat de rire. « Nous, pas du
tout. Nous on (stresse) sur la pelouse. Personne ne veut
le ballon, personne ne veut prendre de responsabilité. Moi encore
moins, parce que j’arrive de Metz où je suis tranquille, je savais
qu’il ne pouvait rien m’arriver. » Et ce témoin
privilégié de conclure avec un hommage à Rolland Courbis :
« Il était toujours positif. » Le Vélodrome a
connu ce soir-là l’une de ses ambiances les plus délirantes.


Comments 0