Quel avenir pour Gille ?

Remplacé mardi par l’Espagnol
Talant Dujshebaev, premier sélectionneur étranger à la tête de
l’équipe de France depuis 1958, Guillaume Gille (49 ans) a évoqué
ensuite son avenir. Sans savoir encore ce qui
l’attend.
Depuis mardi, Guillaume Gille (49 ans) n’est plus le
sélectionneur de l’équipe de France de handball. Au lendemain d’une
nouvelle désillusion, avec cette 7e place lors du dernier Euro, que
les Bleus avaient pourtant entamé avec l’objectif de conserver leur
titre, l’ancien adjoint de Didier Dinart intronisé entraîneur en
chef en pleine pandémie a décidé de tourner le dos à six saisons
aux commandes des Tricolores. Et que l’on ne s’y méprenne pas :
l’échec de l’Euro n’y est pour rien.
« Ce processus existe peut-être en moi depuis plus
longtemps mais je ne m’en étais pas aperçu. Il est ressorti à
l’issue de cette compétition de manière plus forte et m’oblige en
responsabilité à acter les choses. » Gille a donc rendu son
tablier, et laissé sa place à l’Espagnol Talant Dujshebaev, premier
étranger à prendre en main les Bleus depuis l’Allemand Bernhard
Kampa en 1958. L’ancien demi-centre de Chambéry assure qu’il a tenu
à partir, et n’a pas été remercié, comme beaucoup ont pu le
penser.
« C’est ma décision, basée sur mon ressenti, sur un grand
temps de réflexion (…) Cette aventure m’a amené à une réflexion qui
était beaucoup plus profonde, où je me suis retrouvé pour la
première fois à me questionner : est-ce que c’est encore ce que
j’ai envie de faire ? Est-ce que c’est la bonne place pour moi
actuellement ? Est-ce que j’ai encore l’énergie que réclame ce
poste à donner à cette équipe ? »
Gille : « On ne peut pas
tricher avec ce maillot »
L’intéressé, évoquant néanmoins « une fantastique aventure
avec l’équipe de France », assure que rien que le fait de se
poser ces questions l’a très vite amené à comprendre que le moment
était venu de céder son fauteuil. « Par amour pour ce que
représente l’équipe de France, par respect pour ce qu’est cette
institution, en fait on ne peut pas tricher avec ce maillot. »
Avec des sentiments partagés après avoir quitté ce poste.
« Il y a une forme de tristesse et en même temps, oui, de
la légèreté parce que je suis allé au bout de ce que je ressentais
dans une forme aussi où je me respecte ». Gille, qui jure ne
ressentir aucune amertume (« Je suis là pour tirer sur
personne, je n’en veux à personne ») reconnaît qu’il ressent
également une certaine « sérénité », doublée d’une
fierté.
De par le prestige du costume qu’il a porté pendant six ans (dix
au total en comptant ses années comme adjoint ) : « Je suis
incroyablement reconnaissant du privilège que j’ai eu d’être pilote
de ce projet-là ». Mais également pour ce qu’il a apporté à
l’équipe. « Je suis fier de ce que j’ai fait avec cette
tunique ».
Quant à son avenir, le désormais ex-sélectionneur des Bleus ne
sait pas encore de quoi il sera fait. Mais il n’est pas inquiet
pour autant. « La suite, elle est à écrire et je suis curieux
de tout et j’aime l’idée que le prochain challenge continuera de me
faire grandir sur ma route d’homme ».


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