5 February 2026 22:22

Pourquoi Horacek a choisi Brest

Tamara Horacek se confie à notre
site sur son choix de quitter la Slovénie pour signer à Brest ces
deux prochaines saisons. L’internationale française de 30 ans
raconte également le dernier Mondial, qu’elle a vécu en tant que
capitaine des Bleues, médaillées de bronze.

Tamara Horacek, vous avez décidé de vous engager avec
Brest pour les deux prochaines saisons, pour quelle raison
?
J’ai choisi de revenir en France, premièrement pour
le projet sportif parce que Brest, c’est une très grosse équipe au
niveau international, qui veut aller chaque année au Final Four de
Ligue des champions, qui veut gagner le titre. J’ai voulu aussi me
rapprocher un peu de mon chéri, qui est à Poitiers, pour avoir un
réel équilibre personnel et professionnel. Je n’ai pas hésité très
longtemps.

Quand vous aviez signé, connaissiez-vous le nom du futur
entraîneur ?

Non, c’était avant. Ça ne me faisait pas peur. De temps en temps,
il faut laisser le suspense pour voir ce que la vie nous réserve.
Peu importe qui c’était, parce que le projet du club m’intéressait
de base. On savait que le projet du coach, des joueuses et du club
serait le même.

Maintenant, on sait que ce sera le Slovaque de 38 ans
Tomas Hlavaty, actuel coach de l’équipe allemande de Ludwigsburg et
sélectionneur de la République tchèque, le connaissez-vous
?
Non, mais j’ai eu de bons échos. Il est plutôt jeune
mais il a beaucoup d’expérience quand même. C’est surtout un coach
étranger, ce qui est rare pour une équipe française. Donc, à voir
comment il va manager tout ça. J’ai hâte de le découvrir, de voir
comment il fonctionne, ses entraînements, parce que chaque coach
est différent.

Brest est actuellement premier de la Ligue Butagaz
Energie, vous suivez la saison du club breton ?

Bien sûr, je suis tous les matchs. Le championnat français est un
championnat très relevé. Cette année, en plus, vu que je rentrerai
en France, je suis de plus près encore. Et il y a des filles avec
qui j’ai déjà joué, comme Oriane Ondono et Floriane André à Nantes
et Camille Depuiset à Metz.

Horacek : « J’ai eu des
messages bienveillants »

Justement, vous avez été formée à Metz, le club rival de
Brest ces dernières années, cela ne vous fait pas bizarre
?
Effectivement, j’ai été formée à Metz. J’ai passé
toute mon enfance à Metz (où sa mère a joué de 2004 à 2010, ndlr)
et je suis reconnaissante. C’est aussi un peu grâce à Metz que je
suis devenue cette joueuse. Mais à un moment donné, il faut penser
aussi au côté sport, au côté humain et ce qu’on a envie de faire.
C’était un choix logique dans ma carrière. Pour la construction, la
continuité de ma carrière, je ne me suis pas trop pris la tête par
rapport à ça.

Vous n’avez pas eu de proposition de Metz ?
Non, je n’ai pas été en contact avec eux.

Vous n’avez pas eu des messages sur les réseaux sociaux
de fans de Metz qui vous en voudraient ?

Eh bien non, j’ai eu des messages bienveillants. Tant mieux. Ça
fait plaisir. Je pense qu’ils sont contents de retrouver une
internationale en France de nouveau. Bien sûr, peut-être que
certains aimeraient que je sois messine ou pas, mais c’est notre
vie et je pense qu’ils nous respectent en tant que sportif, peu
importe quel maillot on porte.

Les internationales françaises ont plutôt l’habitude de
quitter le championnat. Là, vous faites le chemin inverse. C’est
important pour la Ligue Butagaz Energie ?

Oui, ça fait deux fois que je reviens après avoir quitté le
championnat (elle avait joué en Hongrie en 2020-21, ndlr). C’est
important pour la Ligue Butagaz Energie, notamment avec des clubs
un peu en difficulté depuis quelques années. Aussi, il ne faut pas
oublier d’où on vient. Montrer aussi que le championnat est quand
même difficile à jouer. Ce n’est pas facile de voyager toutes les
semaines, par exemple de Metz à Toulon ou de Brest à Nice. La
France est grande. Pour un sportif, ce sont les déplacements qui
sont les plus fatigants.

Horacek : « Capitaine des
Bleues, un honneur »

Il manque toujours la Ligue des champions pour un club
féminin français…
J’espère vraiment qu’un club
français va remporter la Ligue des champions parce qu’on le mérite,
avec tous les moyens déployés. Ça fait des années qu’un club
français est au Final Four. Mais c’est un des titres les plus
compliqués à aller chercher. Toutes les meilleures joueuses du
monde ou presque sont au Final Four chaque année. Il faut aller
battre ces meilleures joueuses du monde. Mais c’est ça aussi le
défi.

En attendant, il vous reste une saison à finir en
Slovénie, où votre club de Krim, 29 fois champion depuis 1995, a
remporté ses douze matchs de saison régulière…
Oui, le
championnat n’est pas d’un niveau exceptionnel. Si je dois comparer
avec la France, ça devrait être la Nationale 1 ou la Nationale 2,
ça dépend.

En Ligue des champions, c’est plus compliqué, avec une
avant-dernière place dans le groupe B…
Oui, ça ne
s’est pas passé comme prévu, comme les dirigeants le souhaitaient.
Ils se sont séparés de pas mal de joueuses. On a beaucoup de
joueuses très jeunes, sont issues du championnat slovène. Ça devait
être une année de transition, mais on va voir parce qu’on est trois
joueuses majeures sur le départ l’année prochaine. L’équipe va être
encore plus rajeunie et ça va être encore plus complexe l’année
prochaine, c’est sûr.

C’est comment la vie en Slovénie ?
C’est sympa. Il y a plein de choses à faire. La Croatie n’est pas
loin, l’Italie non plus. J’ai de la famille en Croatie, je peux
aller la voir. Il y a les montagnes, et tout est à côté, vous êtes
à une heure de tout, en fait.

Vous étiez la capitaine des Bleus pendant le Mondial,
que gardez-vous de cette expérience ?
C’était un
moment magnifique. C’était un honneur parce que qui aurait cru
qu’une fille née en Croatie, qui a voyagé dans le monde parce que
sa mère était handballeuse, se retrouve capitaine de l’équipe de
France ? C’est un honneur. C’est aussi une forme de respect et de
confiance que le coach m’a donné. C’est une petite pression en
plus. Mais je suis restée moi-même parce que je n’aime pas me dire
que quand tu es capitaine, il faut changer ta façon d’être.

Horacek : « La France est
tellement riche, on ne se rend pas compte »

Et la France a décroché une belle médaille de
bronze…

Peut-être que ce n’est pas la plus belle des médailles mais je veux
vraiment retenir qu’on s’est battues pour aller chercher la
troisième place. Je pense que toutes les filles auraient signé,
même le staff, pour une troisième place. On s’est bien battues, on
a bien travaillé, on était rigoureuses, appliquées. Le travail a
fini par payer.

C’est très prometteur pour la suite d’avoir remporté une
médaille de bronze avec autant de joueuses absentes…

Bien sûr, c’est prometteur, mais en même temps, la France est
tellement riche, on ne se rend pas compte. Il faut continuer sur
cette lancée-là et continuer à travailler. Effectivement, nous, on
travaille, mais les autres équipes travaillent aussi. Le handball
évolue, les matchs deviennent de plus en plus durs physiquement. Je
pense que c’est pour ça qu’on a de plus en plus de filles
autorisées sur les compétitions, avec des changements. Tenir un
rythme aussi élevé, ça va devenir de plus en plus compliqué avec
les années.

Si on vous redonne le brassard de capitaine cette
saison, vous le prenez avec plaisir ?

Bien sûr. C’est au sélectionneur de décider. Je comprendrai aussi,
car Grâce (Zaadi) va revenir, qu’elle soit de nouveau capitaine.
Déjà, je l’ai eu et j’étais très contente, très fière et très
honorée. Après, on va voir la suite.

Vous avez suivi un peu l’Euro masculin, qui a été un peu
décevant ?

Bien sûr, j’ai suivi tous les matchs. C’est notre sport et c’est
important. Ça a bien commencé et puis après, ça s’est un peu
compliqué. Je pense qu’ils vont faire leur débrief eux-mêmes en
interne. On est déçus pour eux, on est déçus pour l’équipe de
France. Après, malheureusement, c’est le sport et je pense qu’en
les connaissant un minimum, ils vont bien débriefer et relever la
tête pour ne pas que cela se reproduise. Les autres équipes
travaillent aussi. Ça devient compliqué de gagner des médailles,
notamment à l’Euro. L’Euro est encore plus complexe que le
Mondial…

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