“On peut dire qu’il a déconné”, le jugement tombe pour Zidane

Malgré ses titres et son style,
inimitable, Zinedine Zidane n’a pas toujours été irréprochable
durant sa carrière de joueur.
Vingt ans après l’avoir quittée en tant que joueur, sur un coup
de boule donné à Marco Materazzi et une finale perdue aux tirs au
but contre l’Italie, Zinedine Zidane s’apprête à retrouver l’équipe
de France comme sélectionneur. Après la Coupe du monde 2026, l’été
prochain aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada (du 11 juin au 19
juillet), c’est effectivement lui qui devrait succéder à Didier
Deschamps sur le banc des Bleus.
Un retour qui fera évidemment les gros titres, parce que
« Zizou » est un personnage à part dans l’histoire du
football français. Un moment raconté par Raymond Domenech dans le
programme Offense, diffusé sur YouTube, illustre bien à
quel point le champion du monde 1998 est différent. Cela remonte
justement à ce 9 juillet 2006, à Berlin, après le carton rouge reçu
par le double Z en prolongation et la défaite des Tricolores.
« J’arrive dans le vestiaire assez longtemps après (le
match), parce qu’il y a toutes les formalités médiatiques à faire.
Zidane est déjà rhabillé. Les joueurs m’ont dit qu’il avait dit
quelques mots, mais je ne sais pas exactement quoi, explique
l’ex-coach des Bleus. Moi, quand j’arrive, il y a des joueurs
qui sont abattus, qui ne disent plus un mot. C’est le silence total
quand j’entre. Je ne sais pas trop quoi dire, c’est la fin d’une
génération, la fin d’une époque. »
Domenech se lâche sur Zidane
« Et puis c’est la fin de Zidane », enchaîne
Raymond Domenech qui, plutôt que de condamner son numéro 10 pour
son geste d’humeur, préfère le féliciter: « Je demande aux
joueurs d’applaudir. Par rapport à tout ce qu’il a fait, toute sa
carrière, ça serait bien que par reconnaissance on l’applaudisse et
on lui dise merci. Et je fais (il applaudit). Au troisième (clap),
Pat’ Vieira enchaîne et ensuite tout le monde
enchaine. »
« Mais j’ai eu un moment de vide, de
solitude », se souvient-il. Une anecdote qui tend à
confirmer que l’on pardonne tout à un joueur comme Zinedine Zidane.
« Le match est fini, tu peux te dire que ça fait ch…, mais
tout ce qu’il s’est passé avant, tu ne peux pas l’occulter non
plus », justifie celui qui est désormais consultant. Pour
lui, impossible de critiquer le Marseillais de naissance.
« Le critiquer sur quoi ? »,
s’interroge-t-il.
« Le phénomène du coup de boule a quand même été
important, juge-t-il malgré tout. Moi, j’étais encore à la
DTN (direction technique nationale) à l’époque et on voyait des
entraîneurs qui nous disaient: ‘Comment je fais pour expliquer aux
jeunes qu’on ne réagit pas quand on nous insulte alors que les
gamins disent que Zizou l’a fait ?’ Le vrai poids de ce qu’il
a fait, plus que le résultat du match, ce sont les conséquences par
rapport aux gamins qui l’idolâtrent – à juste titre parce que c’est
un joueur exceptionnel. Mais cette exemplarité sur ça, ça a pesé.
Là, on peut dire qu’il a déconné par rapport à ça. »


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