Marius Trésor, hommages et émotion

Considéré comme l’un des
meilleurs défenseurs français de l’histoire, Marius Trésor a laissé
une trace indélébile auprès de ses coéquipiers.
Quelques images filmées sur les terrains de Sainte-Anne, en
Guadeloupe, et le récit des locaux auront donc suffi à offrir à
l’équipe de France l’un de ses plus grands défenseurs. Car personne
à Ajaccio n’avait vu jouer le jeune défenseur de 19 ans lorsqu’il a
débarqué en Corse. Deux années n’en allaient pas moins lui suffire
pour devenir une référence au poste de libéro et s’imposer en
équipe de France
Elu joueur français de l’année trois ans seulement après son
arrivée en métropole, Marius Trésor est une véritable légende des
Bleus. En plus de rester pour l’histoire le premier joueur de
couleur capitaine de l’équipe de France, Marius Trésor écrivit
parmi les plus belles pages de l’histoire de la sélection, au
premier rang desquelles l’inoubliable drame de Séville.
Ses coéquipiers de l’époque ne tarissent d’ailleurs pas d’éloges
à son sujet. « Marius, il était imbattable. C’était un
lion, c’était la moitié de la garde noire. C’était la base de notre
équipe. C’était notre capitaine. Moi, quand je suis arrivé là,
j’avais des yeux comme ça », a ainsi confié Michel
Platini dans le documentaire Mon père, Marius Trésor
récemment diffusé sur La 1ère.
Et les plus jeunes joueurs étaient encore plus impressionnés par
celui qui allait cumuler 75 sélections au cours de sa carrière.
« J’arrive en équipe de France, j’ai 19 ans. J’avais une
peu terrible. Pas de jouer. Mais j’ai peur qu’il me parle. Je lui
dis tu, je lui dis vous, je lui dis monsieur ? Moi, je vois un
monument arriver », a embrayé Yannick Stopyra tandis
qu’Alain Couriol a souligné l’importance de Marius Trésor à ses
yeux.
Un rôle de pionnier
« Quand il était là, j’avais l’impression qu’il ne
pouvait rien m’arriver. C’est une chance d’avoir eu un coéquipier
comme ça, a-t-il soufflé. C’est plus important pour moi
d’avoir joué avec un gars comme Marius qu’avec Michel Platini.
Pourtant, Michel Platini, c’est quelqu’un d’important. Mais je ne
suis pas italien, je suis guadeloupéen. »
Et si Marius Trésor a marqué les esprits, c’est également en
raison de son rôle de pionnier pour les joueurs de couleurs et en
particulier pour les Antillais. « Tu peux pas savoir. Tu
nous as ouvert la voie. C’est grâce à toi qu’on est là »,
n’a pas hésité à lui glisser El-Hadi Diouf. « C’est une
très belle histoire. Il a réussi parce qu’il méritait de réussir.
Il peut être fier d’avoir participé à l’évolution des Antillais
dans le football français. Il a permis à plein de jeunes de vivre
leur rêve et à plein de joueurs d’être des grands joueurs de
l’équipe de France », a de son côté souligné Jacques
Vendroux, ancienne voix des Bleus sur France Inter.


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