Marion Rousse, rupture confirmée !

La directrice du Tour de France
femmes est revenue sur l’évolution du cyclisme féminin depuis
l’arrêt de sa carrière.
Marion Rousse est une directrice du Tour de France femmes
heureuse. Depuis son grand retour au calendrier à l’été 2022, le
cyclisme féminin a pris en effet une nouvelle dimension. A tel
point que porté par le sacre de Pauline Ferrand-Prévot, les scores
d’audience du Tour féminin n’ont pas eu grand-chose à envier à son
pendant masculin.
Pour autant, Marion Rousse se veut prudente. « Il ne
faut pas aller plus vite que la musique, a-t-elle répété dans
une interview accordée à L’essentiel Nice. L’UCI a évolué.
Aujourd’hui, il y a 9 jours de course et ce n’est pas encore
opportun de rivaliser avec un format similaire à celui des
hommes. »
Mais l’ancienne championne de France peut mesurer le chemin
parcouru depuis l’arrêt de sa carrière, il y dix ans, et plus
encore depuis ses premiers tours de roue. « Le cyclisme
féminin va dans la bonne direction. Vous savez, la plus grosse
difficulté quand j’ai débuté le vélo, c’était tout simplement
d’être une fille, a-t-elle confié. Quand j’avais 6 ans,
j’étais la seule sur la ligne de départ donc forcément c’était
compliqué de se projeter. Le sport féminin n’avait pas de
résonance. »
« Les salaires étaient aussi différents »
« Je ne pouvais m’identifier à aucune figure féminine
de mon sport. Pour moi, mes champions étaient Robbie McEwen et Tom
Boonen. C’était difficile de se dire qu’en tant que fille, je ne
pourrais pas participer à la plus belle course du monde,
a-t-elle poursuivi. J’ai été professionnelle et en équipe de
France. On était pro comme les garçons mais je n’avais pas droit à
goûter au Tour de France. »
Mais le cyclisme féminin n’avait à cette époque de professionnel
que le nom. « Les salaires étaient aussi différents.
J’avais à l’époque un contrat qui me permettait de travailler dans
une mairie après m’être entraînée, a-t-elle expliqué. Les
garçons pouvaient se reposer. Quand les femmes au foot ont commencé
à être médiatisées, j’ai compris que le cyclisme féminin pouvait
avoir un bel avenir. »
La donne a néanmoins bien changé ces dernières années.
« Chez nous, cela commence à être similaire, a
d’ailleurs récemment indiqué Juliette Labous, mariée à Clément
Berthez, coureur chez Groupama-FDJ. Mais pour le coup, je suis
top 10 mondial et Clément doit être Top 100. Mais là-dessus, je
n’ai vraiment pas envie de me plaindre parce que ça va dans un très
bon sens. »


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