14 January 2026 02:15

Luc Alphand contraint de quitter la France

S’il est le dernier skieur
français à être devenu une star du sport français, Luc Alphand a vu
son image écornée vingt ans après la fin de sa carrière sur les
pistes.

Janvier rappelle forcément de beaux souvenirs à Luc Alphand.
Jeudi marquera ainsi le 20e anniversaire de son sacre
sur le Dakar au volant d’un Mitsubishi Pajero. Mais ce 14 janvier
marque également le 31e anniversaire de son incroyable
exploit à Kitzbühel.

A quelques heures d’intervalle, Luc Alphand remporte en effet
les deux descentes qui se tiennent sur la mythique Streif. Le
Briançonnais est métamorphosé. Deux ans plus tard, il rejoint même
Jean-Claude Killy dans la légende du ski français en décrochant le
gros globe du classement général de la Coupe du monde.

Pourtant, malgré la perspective des Jeux Olympiques à Nagano, le
natif des Hautes-Alpes décide quelques mois plus tard de prendre sa
retraite. Une décision radicale qui en préfigure une autre, vingt
ans plus tard. Luc Alphand décide en effet en 2017 de quitter la
France pour s’installer dans la Principauté d’Andorre. La raison ?
L’énorme polémique qui l’a frappé après la parution de photos d’une
partie de chasse en Russie où il apparait à côté de la dépouille
d’un ours. Durant plusieurs mois, l’ancien skieur a été victime
d’insultes, d’intimidations et même de menaces de mort. C’en est
trop pour l’ancien champion de ski.

 » Ce n’est pas facile de quitter son pays »

« Je suis parti parce que les menaces étaient très
fortes. Il y a eu beaucoup d’intolérance. J’ai voulu protéger ma
famille. Cette photo avec un ours, ce n’était même pas moi le
chasseur »
, confiera-t-il, plus tard, auprès de France Bleu,
ajoutant: « Ce n’est pas facile de quitter son pays, sa famille
et ses amis, mais je suis heureux ici en Andorre. »

Interrogé dans les colonnes de Ski Chrono quelques mois plus
tôt, Luc Alphand évoquera également les menaces de mort dont il a
été la cible, défendant son approche de la chasse. « J’assume
d’être chasseur depuis longtemps et je ne me suis jamais caché, je
passe dans des magazines de chasse, je participe à des reportages.
Je ne m’en vante pas, d’ailleurs, je ne possède pas de profil
Facebook. Cela fait 35 ans que je chasse. J’ai mon éthique. Quand
je vais chasser, je vais surtout à l’approche, c’est plus dans
l’esprit d’une expédition, d’un voyage et de la découverte,

expliquera-t-il. Je comprends que cela puisse choquer et que
certains n’aiment pas la chasse mais je ne veux pas être le bouc
émissaire de deux mondes qui s’opposent depuis la nuit des temps.
Je suis un fier défenseur du million et demi de chasseurs en France
qui sont plus garants de la biodiversité que beaucoup d’écolos
donnent des leçons et lancent des menaces de mort de manière
anonyme sur le web.»

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