Les Bleus trop forts en biathlon ? Il y a quelque chose de “pas normal”

L’équipe de France a survolé les
compétitions de biathlon lors des Jeux Olympiques de Milan-Cortina,
sur la lancée de ce qu’elle peut faire en Coupe du monde. La
domination des Bleus (et celles des Norvégiens) pose question
auprès d’un consultant français.
A chaque course de biathlon, c’était médaille assurée ou
presque. La France a raflé 13 médailles en 11 courses, et n’est
rentrée bredouille qu’une seule fois (sur la poursuite féminine).
En parallèle, les Bleu(e)s ont remporté les trois relais, avec une
domination indécente chez les femmes notamment. Ce qui laisse un
sentiment étrange chez Loïs Habert.
« Il y a un problème ou, du moins, un truc qui
s’éveille en moi qui n’est pas normal,
a confié le consultant d’Eurosport dans son bilan des JO.
Moi qui suis un amoureux de la course, je suis content de voir
les Français gagner, mais j’adore la confrontation, j’adore quand
ça se joue au match, et là je reste un peu sur ma faim, parce que
c’est allé trop vite. »
« Est-ce que je suis choqué de voir les Français faire
ça ? Non, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant
d’écarts, poursuit-il. Il faut savoir mettre de la nuance
partout, et là, il y en a. Si vous m’aviez demandé quelle sera la
meilleure nation sur ces JO, j’aurais dit la France parce que c’est
juste un constat des dernières Coupes du monde. Mais quand on voit
plein d’autres nations… Typiquement, les Suédois se sont vautrés à
tous les niveaux. C’est inquiétant. Quand on regarde les résultats
de tous les JO, on retrouve six ou huit nations qui font des
podiums. Là, c’est Norvège et France. »
Pourquoi les Français sont-ils meilleurs ? Que se passe-t-il
?
Clairement, les Bleus et les « Norge » n’ont laissé
que des miettes à leurs rivaux. On les attendait devant, c’est
certain, mais pas au moins d’en laisser aussi peu aux Suédois, aux
Allemands ou encore aux Italiens. « J’aimerais qu’on ait
des études là-dessus : est-ce que c’est normal d’arriver et de
marcher sur les autres comme ça alors que tout le monde s’entraîne
fort ? », se demande Loïs Habert, qui fait toutefois
cette précision très importante : « Et sans dopage, parce
que moi, je mets ma main à couper qu’il n’y a aucun Français qui
est dopé. »
Loïs Habert a pris sa retraite en 2012, et son épouse Marie
Dorin s’est retirée en 2018. Le consultant d’Eurosport a tout de
même essayé de garder un œil sur le développement des méthodes
d’entraînement. « Je trouve que ça a vraiment évolué sur
des protocoles chaleur, sur tout le testing, c’est-à-dire sur la
lecture des prises de sang, sur la saturation en oxygène. On arrive
à calibrer l’entraînement de manière beaucoup plus précise qu’il y
a encore six ans. Je pense que ça a fait évoluer les
athlètes », estime-t-il.
Les progrès se voient avec le niveau des Français et des
Norvégiens. Et les autres, alors ? « J’ai un hôtel dans le
Vercors et on a reçu les Allemands et les Italiens, il n’y a pas
longtemps. J’avais l’impression qu’ils s’entraînaient comme moi en
2012. Je me demande si on n’est pas, comme en vélo, dans un sport à
deux étages. Il y en a qui sont à la pointe de tout. Il y en a qui
s’entraînent comme en 2012, à aligner des heures, à faire de la
muscu. Je pense que les Français, quand même, ils sont ultra-bons
sur la préparation physique, sur toutes les méthodes
d’entraînement, sur ce qui évolue. Et aussi au niveau du matériel.
Les Français vont gratter de partout. Je pense qu’il y a des
équipes qui sont restées dans le siècle d’avant, dans la décennie
d’avant. »


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