Jalibert-Ramos, un problème pour les Bleus ?

En l’absence de Matthieu
Jalibert, l’attaque du XV de France a dû changer sa stratégie
offensive contre l’Italie. Mais le forfait du Bordelais n’est pas
la seule raison à cela.
Alors qu’on s’interrogeait sur son adaptation au jeu du XV de
France, Matthieu Jalibert a répondu de façon éclatante en menant
l’attaque des Bleus lors des deux premières journées du Tournoi,
contre l’Irlande (36-14) et au pays de Galles (14-52). Le week-end
dernier, l’ouvreur bordelais était absent contre l’Italie, forfait
la veille du match, et le jeu tricolore a été un peu moins
séduisant (33-8).
Selon Jean-Baptiste Elissalde, l’absence de la créativité de
Jalibert n’est pas la seule raison à cela. Pas plus que le
changement d’alignement sur les lignes arrières, avec la passage
d’Attissogbe en 15 et de Ramos en 10, qui a empêché les Bleus de
mettre en place leur animation à deux ouvreurs, ainsi décrite
par Elissalde dans L’Equipe : « Longue passe 9-10,
puis longue passe du 10 vers le troisième joueur du bloc d’avants
situé au large, puis passe dans le dos de cet avant vers le
‘deuxième 10’, Ramos ou Jalibert. »
Sans Jalibert, pas de jeu à deux n°10 ?
Selon l’ancien Toulousain, au delà du forfait de Jalibert, c’est
surtout la bonne adaptation de la défense italienne qui a empêché
la France de mettre en place son jeu à deux n°10. « Dès la
semaine passée, après la victoire (54-12) à Cardiff, je
m’étais dit que cette animation était une super arme de plus pour
les Bleus, mais qu’elle risquait de ne pas fonctionner face à des
défenses qui montent vite au large, comme celle de l’Afrique du
Sud. La raison : ces deux longues passes, qui peuvent mesurer 25 m
en cumulé, et qui laissent donc le temps aux adversaires de gagner
du terrain », décrypte Elissalde.
Thomas Ramos a d’ailleurs confirmer que les Italiens avaient
bien fait leurs devoirs avant la rencontre. « On se doutait
qu’ils avaient vu nos combinaisons, a expliqué le buteur
tricolore. Et la seule fois où on sort cette combinaison, on
s’est fait intercepter (par Zuliani en début de rencontre,
ndlr). »
Dommage pour le plan de jeu concocté par Fabien Galthié. Mais
Elissalde pense qu’il peut encore servir. « Faut-il ranger
cette animation au placard ? Surtout pas. Elle restera une arme
efficace face à des équipes qui auront une défense moins agressive
dans ses montées que l’Italie ou l’Afrique du Sud. »
Comme l’Ecosse lors de la prochaine journée ?


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