18 March 2026 17:10

Israel-Premier Tech, les lourdes accusations

Alessandro De Marchi, ancien
coureur d’Israel-Premier Tech, brise le silence et interpelle l’UCI
face au malaise autour de l’équipe.

Alessandro De Marchi ne cache plus son malaise. Dans un
entretien accordé à The Observer, l’Italien de 39 ans,
passé par l’équipe Israel-Premier Tech entre 2021 et 2022, s’est
dit « heureux et soulagé » de ne plus faire
partie de la formation israélo-canadienne, fondée par Sylvan Adams,
proche du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Un choix
mûri, alors que la guerre à Gaza et la crise humanitaire qui
l’accompagne secouent la scène internationale.

« J’aurais eu beaucoup de mal à être là-bas
maintenant »
, confie De Marchi. « Chacun est
libre de ses choix, mais aujourd’hui, je ne signerais pas de
contrat avec Israël. Je ne serais pas capable de gérer mes
émotions, de m’impliquer dans une telle aventure. »

Désormais chez Jayco AlUla et en fin de carrière, il affirme avoir
gagné en recul et en conscience : « Il y a des moments où,
même si c’est difficile, il vaut mieux suivre sa morale.
Aujourd’hui, je ferais les choses différemment. »

Si Israel-Premier Tech n’est pas directement financée par l’État
hébreu, sa mission est claire : « porter
l’image »
d’Israël, selon De Marchi. « Les
membres de l’équipe souhaitaient mettre en valeur la beauté du
pays, mais il n’y avait jamais de ressentiment envers Gaza ou les
Palestiniens, ni de référence à l’occupation en
Cisjordanie »
, détaille-t-il, évoquant une
« propagande plus légère » et l’impossibilité
d’aborder le sujet de Gaza au sein de la formation.


un spectateur brandissant un keffieh et un t-shirt
« Israel out of the Tour » a été évacué à
l’arrivée de la 11e étape à Toulouse
. Autant
d’incidents qui révèlent un malaise grandissant autour de cette
équipe dans le peloton.

Ce qui dérange surtout De Marchi, c’est le silence global du
monde cycliste. « Nous avons besoin de voir notre instance
dirigeante prendre des mesures concrètes »
,
interpelle-t-il. L’Italien appelle l’Union cycliste internationale
(UCI) à réagir face aux violations du droit international :
« Nous devons montrer qu’en tant que monde du cyclisme,
nous nous soucions des droits humains. »

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