Des cagnottes pour les hockeyeuses, entre regrets et espoirs

Alors que l’internationale Lore
Baudrit fait partie des sportives ayant recours à une cagnotte afin
de financer sa pratique du hockey sur glace, le président de la
fédération Pierre-Yves Gerbeau salue cette initiative tout en
regrettant que les joueuses doivent lever des fonds.
Les Bleues vont connaître l’ambiance des Jeux d’hiver. Alors que
la Russie a été écartée des tournois olympique de hockey sur glace
prévus l’an prochain à Milan-Cortina, les Tricolores ont été
repêchées et vont participer à l’événement pour la première fois de
leur histoire. Mais la préparation sera synonyme de sacrifices pour
certaines joueuses n’étant pas professionnelles. Ainsi,
l’attaquante Lore Baudrit fait partie des sportives ayant recours à
une plateforme de financement participatif afin de financer sa
pratique du hockey-sur-glace.
S’il assure que « c’est super qu’elles se prennent en main », le
président de la Fédération Française de hockey sur glace (FFHG)
Pierre-Yves Gerbeau concède dans un entretien accordé au quotidien
L’Equipe qu’il est « illogique que des joueuses
internationales doivent effectuer des levées de fonds personnelles
». « Les Jeux d’hiver arrivent, il faut que les filles s’en
servent, ajoute celui qui a succédé à Luc Tardif. C’est une jolie
fenêtre de tir pour parler de leur quotidien, expliquer ce qu’elles
vivent, avec les sacrifices qu’elles font. » Il assure que « les
voyants sont un peu au vert » concernant le hockey sur glace
féminin dans l’Hexagone avec un championnat qui se consolide et une
hausse des licences.
Gerbeau prêt à changer de
modèle
Mais Pierre-Yves Gerbeau concède que « le problème est la vie de
tous les jours » pour des joueuses ne bénéficiant pas toutes d’un
contrat professionnel. « Entre Pierre-Edouard Bellemare, capitaine
de l’équipe de France masculine, et Lore Baudrit, ce n’est pas du
tout la même chose, ajoute le patron du hockey sur glace français.
La vie d’un international chez les hommes, c’est : réveil
musculaire, petit déjeuner, entraînement, repas, sieste, match. La
vie de Lore Baudrit, c’est : réveil à 6 heures, à l’usine pendant
quatre heures, repas, entraînement, match. »
Comparant sa discipline au « rugby il y a 30 ans », soit avant
le passage au professionnalisme, Pierre-Yves Gerbeau admet
volontiers qu’on « ne peut plus fonctionner comme ça ». A ses yeux,
un modèle qui pourrait fonctionner est celui mis en place les
fédérations de rugby dans l’hémisphère sud avec les joueurs qui
sont sous contrat avec elles. Assurant que la FFHG « devrait
arriver à faire pareil », son président appelle à « repenser le
modèle économique » afin de pouvoir surfer sur un « cercle vertueux
» lié aux événements à venir que sont le Mondial masculin 2028
organisé à Paris et Lyon puis le tournoi olympique dans les Alpes
Françaises en 2030.


Comments 0