David Douillet, la décision qui ne passe pas

Invité dans les Grandes Gueules
du sport sur RMC ce samedi, David Douillet s’est exprimé quant à la
réintégration de l’hymne et du drapeau russe depuis l’annonce faite
par la Fédération internationale de judo ce jeudi.
Ce jeudi, la Fédération internationale de judo a annoncé dans un
communiqué que les judokas russes ne concourront plus sous bannière
neutre, mais de nouveau avec leur hymne et leur drapeau. En effet,
depuis 2023, les judokas russes, ainsi que les judokas biélorusses
devaient concourir sous bannière neutre à la suite de l’invasion de
l’Ukraine par la Russie en février 2022. Depuis, les athlètes
pouvaient participer aux événements, mais n’avaient plus le droit
d’arborer les couleurs de leur pays.
Seulement, en juin dernier, la Fédération internationale avait
annoncé la réintégration du drapeau et de l’hymne pour les athlètes
biélorusses, mais rien n’avait encore été évoqué quant au cas des
athlètes russes. C’est désormais chose faite depuis ce jeudi et
l’hymne russe a d’ores et déjà pu de nouveau retentir ce vendredi à
l’occasion de la victoire en -60kg du judoka russe Ayub Bliev, au
Grand Chelem d’Abu Dhabi.
Douillet estime qu’il est « beaucoup trop tôt »
Forcément, une telle annonce a fait couler de l’encre et réagir
les observateurs. Invité dans les Grandes Gueules du sport sur RMC
ce samedi, David Douillet, Champion Olympique à Atlanta (1996) et à
Sydney (2000) s’est exprimé à ce sujet considérant que cette
décision arrivait « beaucoup trop tôt », tout en précisant : « Que
les athlètes participent, j’ai toujours été d’accord avec ça, mais
sous bannière neutre et hymne neutre ».
L’ancien ministre des Sports qui estime « qu’il faut une
passerelle entre ce qui se passe aujourd’hui et l’avenir – car il
va falloir construire l’avenir avec la Russie, à tous les niveaux y
compris en sport », en a profité pour étayer sa pensée : « Pour
être tout à fait franc, ça m’a fait plaisir de réentendre l’hymne.
Mais les choses ne sont pas résolues, c’est trop tôt. Pour moi, le
signal pour le réentendre, c’est que la paix soit revenue, qu’elle
soit totale. C’est pour ça que j’étais à la fois content mais aussi
déçu, car ce n’est pas fait (pour la paix). C’est comme un mauvais
rêve ».
Malgré certaines réticences vis-à-vis de cette décision, le
quadruple champion du monde tente tout de même de comprendre la
démarche réalisée par la Fédération internationale de judo ici : «
Je comprends la Fédération internationale qui se dit « on va
tendre une main pour accélérer le processus ». Quand on
regarde la réalité, on sent que depuis quelques jours il y a des
avancées, des améliorations. On connaît le double discours de ceux
qui se font la guerre, il y a toujours de l’intox des deux côtés,
mais en tout état de cause, on se dit qu’il y a peut-être, enfin,
une petite lumière qui s’allume. » , avant de conclure sur le sujet
: « On aspire tous à ce que la paix revienne et qu’elle soit
durable. Donc le message du sport, je le comprends, mais pour moi
c’est trop tôt. Définitivement trop tôt. »


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