6 March 2026 21:25

Contre les commotions, rien n’a changé selon Hayman

Carl Hayman, retraité depuis
2015, a partagé une photo sur ses réseaux sociaux pour rappeler les
chocs subis durant sa carrière. L’ancien joueur interpelle la
fédération internationale.

Il a fait les beaux jours de la sélection néo-zélandaise entre
2001 et 2007 (45 capes) et remporté trois coupes d’Europe avec
Toulon. Pourtant, Carl Hayman se bat contre la maladie. En 2021, il
est diagnostiqué CTE (chronic traumatic encephalopathy), une
démence précoce. Âgé de 45, l’ancien pilier des Blacks voit sa
santé et celle des joueurs dans son cas, se dégrader. Ce mercredi,
il partageait une photo de son visage durant sa carrière.

Défiguré, recousu, Hayman déplore l’absence d’aides concernant
les chocs traumatiques au cerveau. Comme les 184 autres joueurs de
la liste, il a déposé une plainte contre World Rugby. Un procès
s’ouvrira en 2027. En attendant, le Néo-Zélandais partage sa
tristesse et sa colère face à cette situation, qui touche de plus
en plus de rugbymen.

« En 20 ans, rien n’a changé »

Sous sa publication, Carl Hayman débute avec une question : «
Pourquoi ai-je rejoint le procès contre World Rugby ? » Depuis
plusieurs années, l’ancien joueur du RCT et de Pau se bat contre la
gravité des blessures cérébrales. Selon lui, les joueurs ne sont
pas informés sur le sujet. En 2000, Rob Nichol alors PDG de
l’association des joueurs de rugby néo-zélandais expliquait qu’il
fallait prendre soin des joueurs avec des saisons plus courtes. 25
ans plus tard, les choses n’ont pas changé. À l’international comme
en France, les protocoles commotion se sont multipliés. Certes, les
fédérations ont un cadre législatif et santé en place, mais cela
n’empêche pas la dangerosité de certaines actions et les
conséquences subies à cause de ces chocs. En 2018, Nicolas Chauvin,
jeune espoir du Stade Français, perdait la vie à la suite d’un
plaquage trop dangereux. Un non-lieu sera prononcé.

Pour Hayman, personne ne s’occupe des joueurs actuels. En
évoquant son cas personnel, il tire la sonnette d’alarme. « La mort
de Billy Guyton a rendu une chose évidente. Qu’est-ce qui a changé
en 20 ans ? La réponse : rien. NZRPA (l’association des joueurs de
rugby néo-zélandais), c’est une plaisanterie. Rob Nichol dit aux
joueurs actuels qu’il est plus sûr de jouer au football qu’au
rugby. Cela est tellement trompeur et met les joueurs actuels en
danger pour l’avenir ». Pour rappel, Billy Guyton était décédé en
2023 à cause de CTE, la même maladie qui touche Hayman. Poussé par
sa famille et sa femme, l’ancien toulonnais s’interroge et souhaite
que les choses changent.

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