1 April 2026 22:02

Biathlon: Récit d’une macabre découverte

Il est leader de la Coupe du monde mais n’a plus la tête au biathlon. Le 23 décembre dernier, c’est lui, Johan-Olav Botn, qui a trouvé le corps sans vie de son compatriote Sivert Bakken dans une chambre d’hôtel de Lavazè, en Italie, où la sélection norvégienne observait un stage de mi-saison.

« Sivert et moi devions partir skier à 9h ce matin-là. J’allais chercher les clés de la voiture pour prendre des skis et des bâtons, et c’est là que je l’ai trouvé inanimé dans la chambre, explique aujourd’hui le biathlète de 26 ans, dans un entretien accordé au média norvégien TV2. J’étais dans un état de choc et de panique totale. Le premier réflexe est d’essayer d’aider. J’ai essayé d’appeler la police et les secours, mais impossible de les joindre. Alors j’ai couru chercher de l’aide. […] J’ai vu ensuite qu’il était complètement inanimé et le visage blême. J’ai compris qu’il était mort. »

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Traumatisé, Johan-Olav Botn a décidé de mettre sa saison entre parenthèses, et admet avoir recours à une assistance psychologique. « Il y a des images dans ma tête avec lesquelles je sais que je devrai vivre toute ma vie. Je pense qu’il est sage de trouver un moyen d’apprendre à vivre avec ces images. […] Noël a été difficile, et j’ai traversé beaucoup d’émotions. Il y a encore des hauts et des bas, mais ça s’améliore de jour en jour. J’éprouve désormais un grand besoin de dire adieu à Sivert une dernière fois. Je souhaite donner la priorité aux funérailles plutôt qu’à la Coupe du monde. »

« Sivert n’a rien fait d’illégal »

Pas question pour autant d’abandonner ses rêves de gloire au plus haut niveau. Surtout pas en cette année de Jeux Olympiques hivernaux (du 6 au 22 février à Milan et Cortina d’Ampezzo). « Si j’avais perdu ma motivation, j’aurais eu le sentiment de décevoir Sivert. Nous avons travaillé ensemble pour y parvenir. Je sais parfaitement ce que Sivert attendrait de moi: que je m’entraîne et que je devienne le meilleur possible. »

Enfin Johan-Olav Botn appelle au respect de la mémoire de son ami, lequel portait au moment du drame un masque hypoxique destiné à simuler des conditions d’oxygénation en haute altitude. « Je demande à chacun de respecter la famille, d’éviter les spéculations et d’attendre la fin de l’enquête avant de tirer des conclusions. Sivert n’a rien fait d’illégal. Nous respectons la législation norvégienne, les règles de l’AMA et de l’Agence norvégienne de lutte contre le dopage. »

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