Brahim Diaz, le couperet tombe

Un mois et demi après la finale
de la Coupe d’Afrique des nations remportée par le Sénégal, le
scénario n’est toujours pas digéré côté marocain. Loin de
là.
Il a eu la balle de match au bout des crampons – un penalty
accordé dans les derniers instants de la finale de la Coupe d’Afrique des
nations entre le Maroc et le Sénégal, le 18 janvier
dernier à Rabat. Brahim Diaz cependant a échoué, loupant sa panenka
face au portier adverse Edouard Mendy. Et les Lions de la Teranga
ont ainsi pu faire la différence en prolongation, grâce à un but de
Pape Gueye (0-1).
Depuis, l’amertume demeure vive parmi les Lions de l’Atlas.
L’ancien capitaine de la sélection marocaine, Romain Saïss, blessé
dès le début de la compétition, ne cache pas son incompréhension. «
Je me suis retourné directement, je me suis pris la tête à deux
mains et je me suis dit: « Il n’a pas osé faire ça. » Tu
peux rater un penalty, tu vois, en Coupe d’Afrique, en finale, à la
fin d’un match, ça nous est arrivé. […] Ça fait partie du
foot. Mais là, quand il a fait la panenka, j’ai dit: « Mais
non, tu ne peux pas faire ça maintenant. » »
Dans un entretien accordé à Colinterview, celui qui a depuis mis
un terme à sa carrière internationale poursuit: « C’est la
dernière seconde, ça fait 50 ans que tu n’as pas gagné une CAN, ça
fait plus de 20 ans que tu n’avais pas fait une finale, tu es à la
maison… Je pensais qu’il allait mettre une praline en plein milieu,
merci et au revoir, on soulève le trophée et on rentre chez nous,
tout le monde est content et on fait la fête. »
« Je me sens vide »
Le défenseur de 35 ans avoue ne pas être tout à fait remis de
cette cruelle désillusion. « Depuis ce moment-là et jusqu’à
aujourd’hui, je me sens vide. Je n’ai pas pleuré de cette défaite.
Je n’ai pas eu cette colère où je suis sorti de mes gonds. Je me
suis senti vide, c’était un choc, comme un mauvais cauchemar.
»
Pour autant, Romain Saïss s’efforce de ne pas jeter la pierre à
son ex-coéquipier. « Il ne peut pas faire exprès, ce sont des
conneries de dire ça. Il aurait pu être le héros, mais il a voulu
être le super-héros. Ça m’embête pour lui, parce que ça ternit un
peu sa compétition. Je lui souhaite que ça lui serve pour la
suite. »


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