XV de France, l’énorme casse-tête avant l’Écosse

Le XV de France enchaîne les
victoires et regarde vers le Grand Chelem. Mais en coulisses, une
incertitude majeure interroge.
Le XV de France poursuit sa route vers un Grand Chelem. Après
avoir dominé l’Irlande (36-14), le Pays de Galles (54-12) et
l’Italie (33-8), les Bleus veulent enchaîner une quatrième
victoire, samedi 7 mars face à l’Écosse, actuelle dauphine au
classement. À quelques jours du choc, un point sensible continue
pourtant d’alimenter les réflexions du staff tricolore.
Le flanc droit de la mêlée reste un chantier ouvert. Depuis
l’arrêt international d’Uini Atonio, Fabien Galthié a misé sur le
retour de Dorian Aldegheri, titularisé pour la première fois depuis
la Coupe du monde 2023. Le Toulousain présente des garanties en
mêlée fermée, même si son manque de continuité au plus haut niveau
interroge encore, comme le rappelle L’Équipe.
La concurrence, elle, peine à s’installer. Régis Montagne,
aligné lors de la tournée de novembre, est forfait pour l’Écosse
mais demeure une solution crédible. Le cas Tevita Tatafu intrigue
davantage : puissant, prometteur, le joueur d’origine tongienne de
Bayonne accumule toutefois les blessures depuis son apparition à
l’automne 2024, et a de nouveau déclaré forfait après un pépin
contre Clermont.
Un poste à hautes exigences
Plusieurs autres éléments ont été testés mais aucun ne s’est
imposé. Demba Bamba, lancé très tôt en sélection alors qu’il
évoluait encore en Pro D2, n’a jamais réellement franchi le cap
attendu malgré ses 29 sélections. Rappelé après le forfait de
Tatafu, il conserve une carte à jouer. Même impression d’inabouti
pour Emerick Setiano ou encore pour Thomas Laclayat et Sipili
Falatea, qui n’ont pas su s’installer durablement.
Même goût d’inachevé pour Emerick Setiano (6 sélections) lui
aussi de l’aventure au Japon en 2019. Thomas Laclayat et Sipili
Falatea ont également eu leur chance sans en profiter. Henri
Colombe (27 ans, 11 sélections), entré en jeu face à l’Italie,
semblait destiné à prendre la succession d’Atonio en sélection et à
La Rochelle avant de finalement rejoindre Toulouse cet été.
Le diagnostic dépasse les seuls choix conjoncturels. La France
éprouve des difficultés structurelles à faire émerger des piliers
droits capables de s’imposer au très haut niveau, contrairement à
d’autres postes mieux pourvus. Un constat partagé par Cédric
Laborde, sélectionneur des Bleuets. « Le poste demande
beaucoup de travail spécifique chez les jeunes. Il faut absolument
qu’on fasse bosser ces joueurs le plus tôt possible »,
explique-t-il au quotidien sportif.


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