Je suis descendu bien bas

Ancien grand espoir du rugby
français rentré dans le rang suite à de nombreuses dépressions et
blessures, Louis Carbonel (27 ans) évoque dans L’Equipe vendredi la
période sombre qu’il a traversée avant de se relancer, cette saison
avec le Stade Français.
« Je ne parlerais pas de renaissance, je me rapproche de
mon vrai niveau, je joue mieux parce que je suis de plus en plus
moi-même ». Qu’il le veuille ou non, Louis Carbonel (27 ans)
connaît une réelle résurrection, cette saison sous les couleurs du
Stade Français. Redevenu l’ouvreur au talent monstre qui avait fait
de lui à ses débuts l’un des joueurs les plus prometteurs de sa
génération au poste, l’international français s’est refait une
vraie santé après avoir longtemps mangé son pain noir.
Car en dépit de ses indéniables et immenses qualités, le numéro
10 né à Toulon et ayant découvert le haut niveau sur la Rade a été
longtemps freiné par des blessures – « pendant deux ou trois
ans, une tendinite rotulienne m’empêchait d’accélérer, de sauter.
Lors de ma dernière saison à Toulon, j’étais sous
anti-inflammatoires » – mais surtout par plusieurs dépressions
et un profond mal-être.
« J’ai eu des périodes où je broyais trop de noir ces
dernières années. »Avec à chaque fois à l’origine des maux de
l’ancien joueur du RCT qui se livre longuement vendredi dans
L’Equipe : ce même perfectionniste qui n’a jamais cessé de le
desservir.
Carbonel : « Je suis fier
d’avoir tenu »
« J’étais trop dur envers moi-même (…) Insidieusement, j’ai
fini par perdre de la confiance dans des secteurs qui étaient mes
points forts (…) Je suis un gros bosseur et je cherchais la
perfection. En rentrant chez moi, je n’étais pas heureux alors que
je fais le plus beau métier du monde », avoue aujourd’hui
volontiers l’ancien double champion du monde avec les Bleuets, tout
heureux d’avoir su apprendre à relativiser.
Et à se rendre enfin compte de la chance qu’il a de vivre de sa
passion. « Je joue au rugby, j’ai un toit, de quoi manger,
tout va bien. J’ai mis des années à le comprendre. Aujourd’hui, je
suis super heureux de jouer en Top 14 (…) Je me suis mis l’enfer,
je me suis abîmé émotionnellement et quand j’y repense, je suis
fier d’avoir tenu. »
Ce match de 2024 contre Toulon
qui aurait pu marquer le début de la fin pour Carbonel…
Carbonel est surtout ravi d’avoir su remonter la pente, et ce
match de septembre 2024 avec les Parisiens face à Toulon, son
« club de coeur », lui semble déjà bien loin. Ce soir-là,
pourtant, l’ouvreur également passé par Montpellier pensait lorsque
son entraîneur Paul Gustard l’a sorti à la pause qu’il serait très
difficile de se relever.
« Je suis descendu bien bas (…) J’ai loupé trois pénalités,
dont deux faciles, une aux 30 mètres en face. Ce qui ne m’arrive
quasiment jamais ». Depuis, les pénalités, Carbonel les
enquille de nouveau. Pour le plus grand bonheur des supporters du
Stade Français.


Comments 0