25 February 2026 03:13

Julia Simon privée d’une médaille après les Jeux ?

Triple médaillée d’or aux Jeux de
Milan, Julia Simon pourrait néanmoins ne pas être honorée par la
République.

Quatre ans après avoir dû se contenter d’une médaille d’argent
sur le relais mixte à Pékin, Julia Simon a frappé fort à Milan.
Cette fois en or sur le relais mixte pour commencer, la biathlète
des Saisies a en effet enchaîné avec un sacre sur l’individuel puis
a participé à la victoire du relais féminin. De quoi en faire
l’athlète féminine la plus médaillée en Italie.

Pour autant, Julia Simon n’a pas été désignée comme la
porte-drapeau de la délégation tricolore lors de la cérémonie de
clôture, les dirigeants lui préférant sa coéquipière Lou
Jeanmonnot. La Jurassienne est certes elle aussi repartie des Jeux
avec quatre médailles (deux ors, une argent, une bronze), mais il
est difficile de pas voir de ce choix la conséquence de l’affaire
de la fraude à la carte bancai ;re pour laquelle la triple
championne olympique a écopé à l’automne dernier de trois mois de
prison avec sursis et d’un mois de suspension par sa
fédération.

Et cette affaire pourrait avoir d’autres conséquences pour Julia
Simon. Depuis 1988, les champions olympiques sont en effet décorés
de la légion d’honneur. « Être distingué d’un ordre
honorifique signifie qu’on en accepte les valeurs fondamentales, en
premier lieu l’honneur. Le décoré est engagé moralement à ne pas
nuire à autrui et au bon fonctionnement de la société. En
application du code qui régit les ordres nationaux et la Médaille
militaire, toute condamnation pénale ou tout acte contraire à
l’honneur commis par un décoré peut justifier une procédure
disciplinaire »,
précise à cet effet le code de la légion
d’honneur.

Lance Armstrong et Bruno Martini ont été déchus

L’exclusion est à cet effet définitive dès que peine est
supérieure ou égale à un an de prison avec sursis. Ces dernières
années, Lance Armstrong, en raison de ses aveux de dopage, ou Bruno
Martini, l’ancien président de la Ligue nationale de handball,
condamné pour corruption de mineur, ont été déchus de la légion
d’honneur. Et il en a été de même de Nicolas Sarkozy, Isabelle
Balkany, Claude Guéant ou Gérard Depardieu.

Julia Simon, elle, n’a été condamnée à qu’à trois mois de prison
avec sursis et n’entre donc pas dans le cadre de l’exclusion
définitive. Pour autant, se pose inévitablement la question morale
de sa promotion dans l’ordre de la légion d’honneur, la plus haute
décoration française.

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