Océane Michelon, l’énorme coup de tonnerre

Alors qu’elle n’avait encore
jamais gagné en individuel en Coupe du monde, Océane Michelon a
décroché samedi la médaille d’or sur la mass-start des Jeux
Olympiques de Milan-Cortina, au prix d’un dernier tour
instantanément devenu légendaire.
Avec le biathlon français, c’est l’assurance d’avoir du
spectacle à chaque course. On pensait avoir tout vu avec ces Jeux
Olympiques de Milan-Cortina absolument historiques, avec les titres
en individuel de Julia Simon et Quentin Fillon-Maillet, après les
victoires de cette semaine dans les relais (au prix de deux
remontées fantastiques). Mais le meilleur était à venir,
avec la victoire samedi d’Océane Michelon devant Julia
Simon sur la mass-start, après un dernier tour qui
restera dans les mémoires.
Pour le plaisir, on s’est refait les sept dernières minutes de
la course. Leader avant le dernier tir, Océane Michelon lâche une
balle sur son dernier debout, mais ses poursuivantes partent à la
faute aussi. Ce sont finalement deux outsiders qui sortent en tête
du pas de tir, Tereza Vobornikova et Anna Magnusson, juste devant
Julia Simon, qui vient de faire le plein au tir. « Cela va
faire un beau dernier tour », pressent Marie Dorin-Habert
sur France 2.
Elle ne seront pas que trois à jouer l’or. « Océane
ressort quatrième, elle n’est pas loin, attention ! »,
s’enflamme immédiatement Frédéric Jean. Michelon ne pointe qu’à un
peu plus de sept secondes de la tête. Avec ses qualités à skis,
entrevues lors du relais où elle a écœuré la concurrence, le coup
est clairement jouable, pour elle comme pour Simon.
« Julia est redoutable, je détesterais l’avoir derrière
moi », s’amuse Dorin-Habert.
Au début du dernier tour, c’est d’abord Vobornikova qui se
débarrasse de Magnusson. Derrière, les Françaises sont toujours
« trois » et « quatre », avec dans leur sillage
la légende Dorothea Wierer. Pour la dernière course de son immense
carrière, l’Italienne peut-elle jouer un vilain tour aux Tricolores
? Non, quand même pas.
Océane Michelon impériale
Rapidement, dans la forêt, Michelon prend le meilleur sur Simon,
mais on sent que cette dernière ne craque pas totalement, qu’elle
essaye de s’accrocher de lisser son effort. C’est surtout
« Océane qui est impressionnante, elle dégage une
puissance ! », admire Frédéric Jean. Mais en tête,
Vobornikova encore sept secondes d’avance.
Avant la grande montée, Michelon revient dans les skis de
Magnusson. Elle la dépose ensuite au pied de la bosse, avant de
fondre sur la Tchèque. « Et regardez Julia, qui va croquer
Magnusson », observe Dorin-Habert. En haut de la
principale difficulté circuit, Michelon bascule à trois secondes de
Vobornikova, et Simon est dans le sillage de Magnusson, mais Marie
Dorin-Habert y croit très fort: « On va avoir un
doublé ».
Sur ce circuit de 2,5 km, il reste encore du chemin avant la
ligne d’arrivée. A la glisse, grâce à l’excellent matériel préparé
par les techniciens, les Bleues se rapprochent encore. Dans la
dernière petite bosse, Michelon attaque à nouveau et passe devant.
A 500 mètres de l’arrivée, Frédéric Jean a compris:
« Ouais, c’est bon ! Ça va le faire, elle est au-dessus du
lot Océane ! »
« Et c’est pas fini, elles peuvent faire le
doublé », ajoute Marie Dorin-Habert, qui voit Simon finir
fort. « Elle ne fait que se retourner la Tchèque, c’est
tout bon pour Julia », abonde Frédéric Jean. Dans le
petit « coup de cul » à l’approche de la ligne d’arrivée,
dans le stade, Simon passe en effet Vobornikova. « C’est
fini elles vont faire un et deux ! »
Fidèle au poste dans les grands rendez-vous, le commentateur
Alexandre Boyon profite de la dernière ligne droite pour rappeler
le nombre de médailles complètement fou remporté par les biathlètes
français (13 médailles en 11 courses, dont 6 en or, sur les 8
décrochées par la France sur ces JO) et énumère le palmarès de
Julia Simon (4 médailles dont 3 en or).
Le dernier mot est bien sûr pour Michelon. « La plus
belles des courses, la mass-start départ groupé, voit l’éclosion
d’une nouvelle star pour le biathlon français », annonce
Boyon. « C’est un raz-de-marée en or pour la France,
ajoute le commentateur, extatique. Oh mes amis, on aura vécu ça
! » Quel kif !


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