14 February 2026 15:07

McCourt-Longoria, la polémique

Le message n’est pas passé inaperçu. Au coup d’envoi de la rencontre entre l’Olympique de Marseille et le RC Strasbourg, une banderole déployée dans les travées du Stade Vélodrome affichait un slogan sans détour : « McCourt/Longoria, cassez-vous ». Un message fort, d’autant plus visible que les groupes de supporters ont volontairement retardé leur entrée dans l’enceinte d’environ quinze minutes, laissant le stade partiellement vide et braquant les projecteurs sur leur protestation.

Que Pablo Longoria soit ciblé peut s’entendre dans le climat actuel. Le président espagnol, à la tête du club depuis 2021, est à l’origine de nombreux choix structurants : changements d’entraîneurs, refontes d’effectif, paris sportifs parfois audacieux mais souvent infructueux. L’instabilité chronique de ces dernières saisons nourrit une lassitude chez une partie du public marseillais, en quête de continuité et de résultats tangibles.

En revanche, voir Frank McCourt associé à ce message peut surprendre. Certes, le propriétaire américain n’est pas le plus présent médiatiquement, ni le plus démonstratif. Mais sur le plan financier, son implication est difficilement contestable. Depuis son arrivée en 2016, il a injecté des sommes considérables, épongé une dette massive et donné des moyens significatifs à ses dirigeants successifs, dont Longoria et Medhi Benatia.

À l’heure où d’autres grands clubs français ont traversé des zones de turbulences sous des propriétaires problématiques comme Gérard Lopez à Bordeaux ou John Textor à Lyon, la situation marseillaise apparaît plus nuancée. La colère des supporters traduit une frustration sportive réelle, mais mettre sur le même plan gouvernance opérationnelle et engagement financier pose question.

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