Lindsey Vonn, c’est très inquiétant

Victime d’une fracture complexe
du tibia gauche lors de la descente olympique de Cortina, dimanche,
Lindsey Vonn depuis enchaîne les opérations.
Le cauchemar est loin d’être fini pour Lindsey Vonn. Victime
d’une vilaine chute lors de la descente des JO 2026 de
Milan-Cortina, dimanche, l’Américaine de 41 ans s’est
ainsi gravement blessée à la jambe gauche, celle-là même dont le
genou avait subi dix jours plus tôt une rupture des ligaments
croisés. Souffrant d’une fracture dite complexe du tibia, l’icône
US a déjà subi trois interventions chirurgicales depuis son
évacuation par hélicoptère vers l’hôpital Ca’Foncello de Trévise.
La dernière opération en date a été réalisée mercredi, comme l’a
elle-même annoncé l’intéressée sur ses réseaux sociaux.
« J’ai subi ma troisième opération aujourd’hui et elle
s’est bien déroulée, peut-on lire notamment sur son compte
Instagram. Le mot « succès » a aujourd’hui une
signification complètement différente de celle qu’il avait il y a
quelques jours. Je fais des progrès, même si c’est lentement, et je
sais que tout ira bien. Je suis reconnaissante envers tout le
personnel médical, mes amis et ma famille qui m’ont soutenue, ainsi
qu’à toutes les personnes à travers le monde qui m’ont témoigné
leur amour et leur soutien. »
Lindsey Vonn a pris soin d’ajouter à ses mots une série de
photos, dont un cliché particulièrement impressionnant où l’on peut
distinguer les broches externes destinées à réparer et consolider
son tibia. « De ce que l’on constate avec les publications de
la skieuse et les photos, il s’agit de lésions très graves ayant
nécessité la pose d’un fixateur externe », analyse pour
L’Equipe le Docteur Baudrier, chirurgien orthopédiste collaborant
notamment avec l’Institut national du sport, de l’expertise et de
la performance (INSEP).
Une souffrance permanente
« Il y avait probablement plusieurs fragments osseux.
Avec une possible souffrance cutanée nerveuse ou musculaire,
augmentant la gravité de la blessure, poursuit le spécialiste.
Au vu de l’historique de ces derniers jours, on peut penser que
le saignement s’est diffusé dans les compartiments musculaires de
la jambe. Or, ces loges sont entourées de tissus fibreux non
extensibles. En cas d’hémorragie et d’inflammation, la pression
augmente dans la loge, ce qui comprime les muscles et peut
entraîner leur nécrose ainsi que des lésions
nerveuses. »
Assurément, la championne olympique de descente en 2010, à
Vancouver, reste soumise à ce jour à des « douleurs extrêmement
fortes ». Et le chemin pour retrouver un usage normal de sa
jambe gauche est encore long. « En général, une personne jeune,
autour de 25 ans, sportive professionnelle, sans fixateur externe,
met environ un an avant de reprendre une activité sportive après ce
type de blessure », rapporte le Docteur Baudrier.


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