Crans-Montana, de l’horreur au dégoût

Brûlé au troisième degré dans
l’effroyable incendie de Crans-Montana, le 1er janvier dernier, et
toujours hospitalisé à ce jour, le défenseur du FC Metz Tahirys Dos
Santos témoigne.
C’est un jeune footballeur de 19 ans plein d’avenir qu’a
rencontré L’Equipe ces jours-ci au centre de rééducation
fonctionnelle de l’hôpital Félix-Maréchal de Metz. Grièvement
blessé dans l’incendie de Crans-Montana qui a fait pas moins de 41
morts et 115 blessés graves dans la nuit de la Saint-Sylvestre,
Tahirys Dos Santos, footballeur stagiaire
parmi les Grenats, revient de loin.
« Je me suis vu mourir », avoue-t-il, peinant
toutefois à décrire l’horreur du Constellation, le bar suisse où il
célébrait la nouvelle année ce soir-là en compagnie de ses amis et
de sa petite amie Coline. « C’est trop compliqué de mettre
des mots sur une chose pareille », souffle le jeune défenseur,
arrière gauche de formation.
S’il est tiré d’affaire et juge que « le pire est
derrière (lui) », Tahirys ne cache pas avoir des nuits
plus difficiles que d’autres. « Parfois, les images me
reviennent. C’est compliqué. Ce que j’ai vu… C’était terrible. Je
ne souhaite à personne de voir des choses pareilles. »
L’apprenti footballeur se souvient notamment des « gens
brûlés tout autour de moi ». « C’était une scène
de guerre », raconte-t-il au quotidien sportif.
« Bien sûr qu’il doit payer »
L’heure est à la réparation, pour lui comme pour sa petite amie
qui l’accompagne dans sa rééducation après avoir elle-même passé
trois semaines dans le coma. Mais le temps de la justice ne doit
pas attendre pour autant. L’intéressé déplore ainsi que Jacques
Moretti, le patron du Constellation mis en examen pour
« homicide, lésions corporelles et incendie par
négligence », ait pu être libéré sous caution le 23 janvier
dernier, après deux semaines de détention.
« Ce n’est pas normal qu’il soit dehors alors que nous, on
est encore à l’hôpital, conclut Tahirys. Nos familles
souffrent. Et il y a pire que nous. Il y a eu des morts. Je suis en
colère, comme toutes les victimes et toutes les familles. On
n’avait rien demandé. Bien sûr qu’il doit payer. »


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