Victor Muffat-Jeandet, la désillusion

Privé des Jeux d’hiver de
Milan-Cortina au même titre qu’Alexis Pinturault, Victor
Muffat-Jeandet (36 ans) a beaucoup de mal à avaler la pilule. Le
médaillé de bronze des Jeux de Pyeongchang digère d’autant moins
qu’il a fait les frais d’un changement du règlement et non d’une
décision sportive proprement dite.
A 36 ans, Victor Muffat-Jeandet rêvait de « revivre le
frisson olympique ». Au lieu de cela, le skieur français va
peut-être réfléchir à « couper avec les Jeux ». Car ces
JO de Milan-Cortina, auxquels il espérait tant participer, le natif
d’Aix-les-Bains les a définitivement vu passer sous son nez,
mercredi soir en apprenant sans surprise que son jeune coéquipier
Alban Elezi Cannaferina (22 ans) avait bénéficié du huitième et
dernier quota attribué à l’ultime minute à l’équipe de France de
ski alpin.
« VMJ », interrogé jeudi sur La Chaîne
L’Equipe, ne conteste pas le choix de faire profiter au jeune
Lyonnais de ce billet un peu venu de nulle part. « Alban a
fait podium. Moi, il aurait fallu que je fasse au moins podium pour
revenir dans la discussion. J’ai joué ma carte à fond, mais, lui,
il a vraiment fait une course exceptionnelle, donc par rapport à
ça, il n’y a pas grand-chose à redire ».
Muffat-Jeandet : « Cela a été
un ascenseur émotionnel »
En revanche, le médaillé de bronze des Jeux de Pyeongchang sur
le combiné alpin n’encaisse pas d’avoir payé au prix fort ce
changement de règlement qui a obligé les Bleus à se contenter de
sept puis finalement de huit quotas. « C’est aberrant d’être
dans les quinze meilleurs du monde de sa discipline et de ne pas
pouvoir aller défendre sa chance de médaille », peste
Muffat-Jeandet, également pénalisé par le quota paritaire (NDLR :
Huit sélectionnés chez les femmes comme chez les hommes), sans
cacher qu’il a vécu une semaine très compliquée.
« Cela n’était pas une situation simple à vivre ces
derniers jours, c’est sûr (…) Cela a été un ascenseur émotionnel
ces histoires de quotas. C’est surtout ça qui est difficile pour
nous en tant qu’athlètes (…) Il y a eu plein de changements et
quand tu es encore en compétition, ça fait des charges
émotionnelles assez lourdes. »
« Ça va être difficile à digérer », reconnaît l’un des
grands perdants de ces Jeux avec Alexis Pinturault et Thibaut
Favrot, pas non plus retenus. Et ce alors que l’événement n’a même
pas encore débuté.


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