Dakar, le récit glaçant d’un drame

Ce 14 janvier coïncide avec le
40e anniversaire du dramatique accident qui a coûté la vie à cinq
personnes lors du Dakar 1986, parmi lesquelles Daniel Balavoine et
Thierry Sabine.
Il y a 40 ans de cela, jour pour jour, un hélicoptère se
crashait sur la piste du Dakar 1986.
Avec à son bord le fondateur du rallye-raid Thierry Sabine, le
chanteur Daniel Balavoine et trois autres victimes décédées sur le
coup: la journaliste Nathalie Odent, le technicien radio Jean-Paul
Le Fur et le pilote François-Xavier Bagnoud. Aujourd’hui encore,
les circonstances du drame demeurent floues. Et le resteront
certainement à jamais.
Une certitude cependant, les conditions de vol étaient
exécrables en cette journée de 12e étape entre Niamey,
la capitale du Niger, et Gourma Rharous au Mali. Le miraculé
Jean-Luc Roy s’en souvient comme si c’était hier. « C’est une
journée qui m’a marqué à vie, j’y pense tous les jours. J’ai perdu
deux de mes potes et pour moi aussi, cela aurait pu être la fin,
mais les événements en ont décidé autrement », souffle à
L’Equipe le journaliste qui ce jour-là avait laissé sa place dans
l’hélicoptère à Daniel Balavoine.
Le vol programmé sur 300 km est interrompu deux fois, tant la
météo est dégradée. La dernière à 22 km seulement du bivouac.
Thierry Sabine prévient alors un concurrent auto – Pierre Lartigue
– de l’impossibilité pour l’hélico de repartir, et le charge de
demander à l’organisation d’envoyer un véhicule pour ramener à bon
port la petite troupe. Seulement voilà, l’hélicoptère finalement
n’attendra pas…
Un redécollage fatal
« Il y avait un vent de sable terrible et les liaisons radio
ne marchaient pas du tout ce jour-là, narre Patrick Verdoy,
bras droit à l’époque de Thierry Sabine. On n’avait aucune
info. C’est un concurrent, Charles Belvèze, qui m’a raconté avoir
vu l’hélico arrêté à 22 km de Gourma. Quelques minutes plus tard,
il l’a vu dans son rétroviseur, il suivait le feu rouge de la
voiture. Puis soudainement, l’hélico l’a dépassé et a piqué vers le
sol. J’ai toujours pensé à un incident mécanique. Je n’ai jamais
cru au fait que Thierry ait pu prendre le manche, il était
incapable de voler de nuit. »
Pour Jean-Luc Roy, « Thierry a dû s’impatienter et vouloir
redécoller ». Et de poursuivre: « A un moment,
la Mitsubishi de Belvèze et Giraud a ralenti fortement dans un banc
de fech-fech et l’hélico s’est trouvé projeté. Je pense que Bagnoud
a eu ce qu’on appelle une perte de référence, c’est-à-dire qu’il
n’avait plus cette référence au sol qui lui donnait la direction,
l’altitude et la vitesse. L’hélico a accroché un épineux et a tapé.
Il n’y avait ni colline, ni dune. »


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