9 January 2026 16:47

“On nous a dit qu’il était décédé”, le Maroc sous le choc à la CAN

La perspective de la
confrontation face au Cameroun en quarts de finale de sa Coupe
d’Afrique des Nations rappelle de mauvais souvenirs au
Maroc.

Le Maroc peine à convaincre depuis le début de la Coupe
d’Afrique des Nations. Si les Lions de l’Atlas avaient fait bonne
figure lors de leur dernier match de poule face à la Zambie (3-0),
il en a été tout autrement en huitièmes de finale, les hommes de
Walid Regragui devant se contenter d’une victoire minimaliste
longue à se dessiner contre la Tanzanie (1-0).

Les supporters marocains ne sont pas rassurés. Et ce d’autant
plus que les demi-finalistes de la dernière Coupe du monde ont
rendez-vous avec le Cameroun. Un match qui fait ressurgir un
traumatisme. Lors de la seule précédente CAN organisée à domicile,
en 1988, le Maroc s’était en effet incliné en demi-finale contre
les Lions Indomptables (1-0).

« Les supporters sont traumatisés par ça, m’en parlent
tout le temps. Leur angoisse, c’était de prendre le
Cameroun »
, a d’ailleurs confié à L’Equipe Claude Le Roy,
qui officiait sur le banc du Cameroun lors de cette CAN 1988. Les
Marocains gardent un souvenir précis de ce duel: la sortie sur
blessure dès la 9e minute de Hassan Mouhaid, victime
d’un terrible coup de tête d’André Kana-Biyik. Une agression en
bonne et due ferme restée impunie.

« Aujourd’hui, je crois qu’on m’aurait suspendu à
vie »

« Il y a un coup franc et le joueur me suit partout, me
prend en individuelle. Et il me crache dessus. Et là, en une
fraction de seconde, le coup de tête part, ça aurait pu être un
coup de genou ou un coup de poing,
a raconté le fautif.
Aujourd’hui, je crois qu’on m’aurait suspendu à vie et même au
quartier, je n’aurais pas eu le droit de jouer. »

Le bilan est terrible pour Hassan Mouhaid, qui tombe inanimé et
est évacué sur une civière, la cloison nasale fracturée. Les
joueurs marocains craignent le pire pour leur coéquipier.
« On nous a dit qu’il était décédé. C’est terrible et
évidemment, ça nous a déstabilisés. Hassan, c’était mon grand
frère, on était du même quartier. Quand on vous dit ca en plein
match »,
s’est souvenu Moustapha El-Haddaoui.

« Quand je suis rentré juste après le match, j’étais
vraiment mal,
a appuyé Merry Krimau. Ma maman m’a dit : «
Mais quelque chose ne va pas ? » Comme on avait dit qu’il était
mort, je suis parti illico à la clinique et, heureusement… »

Les Marocains espèrent désormais une revanche. « Les jeunes
peuvent nous venger. Les conditions sont différentes, le foot a
évolué et il y a le VAR »
, a soufflé l’ancien Bastiais.

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