Olivier Giroud, le terrible choc

Présent sur la pelouse du Stade
de France le 13 novembre 2015 au moment des attentats qui ont
meurtri Paris et Saint-Denis, Olivier Giroud est revenu sur cette
soirée en enfer.
Le France-Allemagne du 13 novembre 2015 est inoubliable pour
tous ses acteurs. Tandis que les Bleus de Didier Deschamps
s’offraient un succès de prestige (2-0) face aux champions du monde
en titre, une équipe de terroristes commettait les attentats les
plus sanglants que la France n’a jamais connus. Plus de 130
personnes allaient perdre la vie sur les terrasses des cafés
parisiens, au Bataclan mais également aux abords du Stade de
France.
Le bilan aurait pu être bien plus lourd si les deux terroristes
présents aux abords du Stade de France avaient pu pénétrer dans
l’enceinte comme ils le souhaitaient ou avaient attendu la fin du
match pour faire exploser leur ceinture d’explosifs. Recalés par
les vigiles du Stade de France alors que le match venait de
commencer, les deux kamikazes ont déclenché leurs dispositifs à
l’extérieur du Stade, provoquant la mort de Manuel Dias, un
chauffeur de car de 63 ans qui attendait des clients dans une
brasserie.
La première explosion est intervenue peu avant 21h20 alors que
les deux équipes jouent la 17e minute du
match. « Le bruit ne m’alerte pas du
tout », s’est souvenu Olivier Giroud dans les colonnes de
L’Equipe, Blaise Matuidi évoquant « une bombe
agricole ». Trois minutes plus tard, la deuxième
détonation est autrement plus puissante. « La deuxième
explosion, je m’en souviens comme si c’était hier. J’ai le ballon,
je le donne à « Pat » (Evra), et là, ça pète. Le
bruit n’a absolument rien à voir. Pat ne regarde même plus le
ballon. Pendant une demi-seconde, le temps s’est
arrêté », a confié l’ancien milieu de terrain
parisien.
« On flippe »
« Sur le terrain, je sursaute. Un réflexe. J’ai eu
peur », a confié l’attaquant lillois. Tandis que les
Français apprennent peu à peu le drame qui se joue dans les
10e et 11e arrondissements de la capitale,
les joueurs tricolores devront attendre la fin du match pour être
mis au courant, notamment grâce aux écrans de télévision présents
dans les couloirs du Stade de France. « On est tous collés
devant les infos. Le silence est total. Je suis choqué, on
l’est tous », a expliqué le natif de Savoie.
« C’est aussi à ce moment-là qu’on apprend que des mecs
ont essayé de se faire sauter dans le stade », a-t-il
poursuivi, ajoutant avoir rapidement rejoint sa famille dans le
salon réservé aux proches des joueurs : « Je
vais les voir dès que possible, reprend Giroud. C’est là
que Jen (Jennifer, son épouse) me donne davantage de
précisions. Elle en sait plus que nous. »
Les Bleus suivront les événements dans les coulisses du Stade de
France, qu’ils quitteront finalement dans un bus banalisé au cœur
de la nuit lorsqu’ils sont certains que les Allemands, qui veulent
rentrer à Francfort le plus rapidement possible, pourront prendre
leur avion au petit matin sans avoir à repasser par leur hôtel
parisien.
« L’attente dans le stade a été interminable, a
raconté à ce sujet Olivier Giroud. On se pose des questions
pour notre sécurité et celle de nos familles. On se demande si un
autre gars ne nous attend pas à la sortie du stade. On flippe. Mais
Momo (Sanhadji, l’officier de sécurité) nous explique
tout ce qui est mis en place pour notre sécurité. »


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