Du sang et des ambulances, le Tour de France sévèrement attaqué

L’organisation du Tour de France
en prend pour son grade, accusée de verser dans le sensationnalisme
et les fausses mesures pour la sécurité des
coureurs.
Le Tour de
France 2025 a déjà eu son lot de chutes et
catastrophes. Quand le directeur de course Thierry Gouvenou fustige
le comportement de certains spectateurs – et notamment « les
abrutis » usant de fumigènes au nez des coureurs – d’aucuns
estiment que l’organisation a sa part de responsabilité dans la
mise en danger du peloton.
C’est le cas du Canadien Michael Woods, engagé cette année au
sein de la formation Israël-Premier Tech et très remonté
manifestement après ASO. « Quoi qu’en dise ASO, ils
adorent les accidents. Malgré leurs prétendues tentatives pour
rendre le sport plus sûr, on a l’impression, en regardant n’importe
quel film de promotion qu’ils créent, que le sang, les vélos cassés
et un pauvre bougre qui se retrouve dans une ambulance sont ce
qu’ils aiment vendre… »
Dans son blog personnel, l’expérimenté coureur de 38 ans évoque
le discours paradoxal d’une organisation mettant l’accent sur la
responsabilité des coureurs. « Alors que j’écoutais la
présentation en français, il a été dit quelque chose du genre:
« Les coureurs doivent aussi prendre davantage de mesures pour
réduire les risques, et s’ils ne le font pas, ils pourraient être
obligés de porter des équipements de protection à l’avenir ».
Ils ont dit cela comme si le port d’un équipement de protection
était punitif. […] Il est absurde de nous avertir que nous
serons punis par l’obligation de porter des équipements de
sécurité. »
Un peloton beaucoup trop dense sur le Tour de
France ?
Aux yeux du natif de Toronto, qui salue les rares mesures prises
ces dernières années pour préserver au maximum l’intégrité physique
des cyclistes, « rien d’assez spectaculaire n’a encore été
fait pour réduire de manière significative les risques et les
accidents ». Au contraire. Michael Woods dénonce ainsi la
décision de la direction de la Grande boucle de grossir davantage
encore la liste des engagés. Une évolution validée par l’UCI pour
les grands tours.
« Le fait d’ajouter 64 coureurs supplémentaires, qui
pourraient potentiellement se mettre en travers du chemin de ces
stars ou chuter devant elles, a-t-il un impact positif sur le récit
de la course ? La réponse est non », assure-t-il. Cela
tout en préconisant de réduire le peloton à 120 têtes, et à un
maximum de six coureurs par équipe, pour un Tour de France réservé
exclusivement aux formations estampillées World Tour.


Comments 0