13 March 2026 18:26

Séisme sur le Tour de France

La plus grande affaire de dopage
de l’histoire du Tour de France s’apprête à éclater lorsque le 8
juillet 1998, il y a tout juste 25 ans, Willy Voet, un soigneur de
l’équipe Festina, est intercepté par la police avec une cargaison
de produits dopants.

Alors que les hommes d’Aimé Jacquet concentrent tous les regards
à l’aube de leur demi-finale de Coupe du monde face à la Croatie,
un premier coup de tonnerre résonne dans l’Hexagone lorsque Willy
Voet, soigneur chez l’équipe Festina, est interpellé au volant de
sa Fiat aux couleurs de Festina à 5H40 du matin par des douaniers
près de la frontière belge. Le Tour de France doit s’élancer trois
jours plus tard de Dublin, en Irlande, et le plus gros scandale de
l’histoire de la Grande Boucle est en passe d’éclater.

Car dans le coffre du véhicule, les douaniers découvrent une
véritable mine d’or avec pas moins de quatre cents flacons de
produits dopants et stupéfiants (235 ampoules d’EPO, 120 capsules
d’amphétamines, 82 solutions d’hormones de croissance, 60 flacons
de testostérone, des corticoïdes et des amphétamines) contenus dans
des sacs isothermes. Pour certains, ce contrôle douanier n’était
aucunement inopiné mais consécutif à une dénonciation d’un
directeur sportif d’une équipe concurrente.

Et Willy Voet passe aux aveux…

Placé en garde à vue, Willy Voet niera longtemps les faits avant
de passer aux aveux au bout de trois jours, reconnaissant un dopage
médicalisé au sein de la formation de Richard Virenque. L’affaire
Festina peut éclater.

Elle débouchera, le 17 juillet, sur l’exclusion de l’équipe
après que son manager, Bruno Roussel, avoue à son tour « un système
de dopage organisé », puis, deux ans plus tard, sur un procès au
terme duquel Willy Voet sera condamné à 10 mois de prison avec
sursis et 30 000 francs d’amende et Bruno Roussel à un an de prison
avec sursis et 50 000 francs d’amende.

Richard Virenque, seul coureur poursuivi et qui a reconnu pour
la première fois avoir utilisé des substances prohibées le 24
octobre 2000 lors de ce procès après avoir toujours nié les faits,
est, lui, relaxé par la justice mais écopera de neuf mois de
suspension.

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