Laurent Jalabert, drame sur le Tour de France

Début juillet marque un triste
anniversaire pour Laurent Jalabert. En 1994, le coureur français
était victime d’une terrible chute à Armentières qui allait
transformer sa carrière.
Débarqué sur le Tour de France 1994 avec de hautes ambitions,
Laurent Jalabert a vu son Tour s’arrêter dès la première étape
disputée entre Villeneuve d’Asq et Armentières, et sa carrière
basculer. La faute à un gendarme qui eut la mauvaise idée de
vouloir prendre une photo – pour un spectateur – alors que les
sprinters avalaient le bitume à plus de 60km/h. Le militaire n’a
pas vu débouler Wilfried Nelissen, qui le percute de plein fouet et
emporte dans sa chute Laurent Jalabert, au coude à coude avec le
récent champion de Belgique.
Le bilan est terrible. Tandis que le policier souffre d’un
enfoncement du thorax, le coureur belge est victime d’une commotion
cérébrale. Le bilan est encore plus lourd pour Laurent Jalabert,
qui est envoyé à l’hôpital avec plusieurs lésions à la mâchoire
ainsi que de plusieurs dents cassées. Le Mazamétain y restera
plusieurs semaines et ne retrouvera son outil de travail que trois
mois plus tard.
Tandis que Walter Planckaert, le directeur sportif de Wilfried
Nelissen, pointe du doigt « une erreur
d’organisation », comparant le Tour de France à une
kermesse, Jean-Marie Leblanc, le directeur de la Grande Boucle,
évoque seulement une erreur humaine, expliquant
que « les forces de l’ordre ne connaissent pas
toujours les règles du Tour de France. »
Laurent Jalabert s’est réinventé
« C’est une image qui est restée un peu dans les esprits, et
dans le mien d’ailleurs puisqu’elle a contribué à conditionner la
suite de ma carrière», confiera de son côté Laurent Jalabert
quelques années plus tard. Marqué au fer rouge par sa chute et
incapable de se mêler de nouveau à un sprint massif, le sprinter se
mua en effet en coureur complet, capable d’échouer au podium du
Tour et même de remporter le Tour d’Espagne deux ans plus tard.
« Je suis sorti de l’hôpital le jour où les coureurs
arrivaient à Paris… Ça, ça fait mal. Alors tu réfléchis.
Maintenant, je fais quoi ? J’ai 24 ans. Je continue à faire les
sprints ?, a-t-il encore récemment raconté dans des
propos rapportés par La Montagne. En repartant sur le
vélo, je me rendais compte que lorsqu’il y avait sprint, là où les
mecs ne freinaient pas, écartaient les coudes et y allaient à fond
les ballons, moi, je freinais. » De quoi l’obliger à
se « réinventer ».
« L’accident d’Armentières m’a
transformé, a-t-il expliqué à la fin de sa
carrière. J’ai décidé de gagner mes courses autrement
qu’en attendant les derniers hectomètres. Je me suis soudain
rappelé mon époque chez les amateurs, lorsque je m’échappais
systématiquement pour décrocher mes victoires sinon en solitaire au
moins au terme d’un sprint à quelques-uns seulement. » Un
an plus tard, il allait connaître la meilleure période de sa
carrière en remportant Paris-Nice, Milan – San Remo, la Flèche
Wallonne ou encore le Tour de Catalogne. Avant de briller sur le
Tour de France durant lequel il porte même le maillot jaune.


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