Le président Jovenel Moïse reçoit le soutien de Washington





« Conformément à la position de l’Organisation des États américains sur la nécessité de poursuivre le transfert démocratique du pouvoir exécutif, un nouveau président désigné devra succéder au président Jovenel Moïse au terme de son mandat, le 7 février 2022 », a déclaré Ned Price, porte-parole de la diplomatie américaine.
Cette date du 7 février 2022 est dénoncée par une partie de la population haïtienne, selon qui le mandat de cinq ans de M. Moïse arrive à terme dimanche.  
Ce désaccord est né du fait que Jovenel Moïse avait été élu lors d’un scrutin annulé pour fraudes, puis réélu un an plus tard. Le pays s’est encore davantage enfoncé dans la crise au long de l’année 2020, privé de parlement et gangrené par les violences.  




Isolé, le président gouverne par décrets, alimentant une défiance croissante au sein de la population. Celle-ci, selon Washington, « mérite d’avoir le droit d’élire ses dirigeants et de restaurer les institutions démocratiques d’Haïti ».
« Les États-Unis continuent de maintenir que l’État haïtien doit faire preuve de retenue dans ses prises de décrets », a ajouté M. Price, en appelant M. Moïse à recourir à ce pouvoir d’abord et avant tout dans l’objectif de restaurer le fonctionnement démocratique du pays.
La validation par Washington du calendrier électoral de M. Moïse est une mauvaise nouvelle pour les organisations de la société civile haïtienne. Elles ont accusé vendredi le bureau local des Nations unies de soutenir également M. Moïse, en offrant un appui technique et logistique à ses projets d’élections.
« Les Nations unies ne doivent aucunement soutenir le président Jovenel Moïse dans ses projets antidémocratiques », considère dans une lettre la dizaine d’organisations féministes et de défense des droits de la .
Malgré la crise liée à sa légitimité, le chef de l’État avance vers un agenda électoral chargé avec, en premier lieu, la tenue, le 25 avril, d’un référendum sur un projet de nouvelle constitution.
Cette procédure inédite attise les critiques jusque dans le camp de Jovenel Moïse, car la procédure choisie ne semble pas respecter les dispositions de l’actuelle constitution.




Dans leur courrier, les organisations de la société civile trouvent « étonnant de voir que le BINUH (Bureau intégré des Nations Unies en Haïti) soutient ce processus d’anéantissement des acquis démocratiques du peuple haïtien. »
Le contexte sécuritaire constitue un obstacle majeur à l’agenda politique envisagé par la présidence. Haïti enregistre depuis l’automne une recrudescence des enlèvements contre rançon.
« Les violations de droits humains s’intensifient. Le pays est gangstérisé sous le regard des Nations unies dont la mission est de promouvoir les droits humains, l’État de droit et de consolider les institutions », déplorent les organisations signataires du courrier.

AGENCE FRANCE-PRESSE

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