Jovenel Moïse “Lettre adressée aux Dominicains.”





Chers voisins,
S’il vous plait, rapatriez vos soldats du territoire haïtien.
Le peuple haïtien traverse une période de grande détresse, suite au passage de l’Ouragan Matthew. Tant de vies sont brisées, des cultures et des économies détruites. La désolation laissée par Matthew est immense. Hélas, les infrastructures publiques et les institutions étatiques chargées de protéger les citoyens n’étaient pas à la hauteur, les autorités non plus. C’est du moins le constat que j’ai fait sur le terrain. L’aide étrangère s’est ainsi avérée d’une grande nécessité.
Je remercie infiniment tous ceux, haïtiens et étrangers, notamment le secteur privé haïtien des affaires, qui ont volé au secours de notre peuple. Un magnifique esprit de solidarité nationale s’est manifesté immédiatement après l’Ouragan. Les haïtiens ont beaucoup donné.
L’apport de nos amis étrangers est important, certes. Mais il est fondamental que l’aide apportée à la Nation haïtienne se fasse dans la dignité et le respect. Les lois et la Constitution haïtiennes doivent servir de boussole à toutes celles et tous ceux qui agissent dans le cadre national haïtien. Aussi, afin de préserver la sérénité et les relations cordiales devant toujours exister entre Haïti et la République Dominicaine, et pour éviter tout malentendu, nous conseillons hautement à nos amis dominicains de rapatrier incessamment tous les soldats qui se trouvent sur le territoire haïtien en situation d’inconstitutionnalité.




Si le Gouvernement haïtien avait pris le soin de consulter le Parlement, co-dépositaire de la souveraineté nationale, information nécessaire lui aurait été donnée quant aux limites fixées par le cadre législatif haïtien au sujet des coopérations bilatérales. Il aurait ainsi compris le caractère illégal d’une telle démarche.
Nos deux Républiques ont une longue histoire de coopération et d’entraide. Je pense au terrible ouragan dénommé San Zenon qui a ravagé la capitale dominicaine, Santo-Domingo, le 3 septembre 1930 (voir Le Nouvelliste No. 12257). Tout comme le fait la République Dominicaine aujourd’hui, le peuple haïtien, sur demande des autorités dominicaines, a alors volé au secours de nos frères dominicains.
Dans ces moments difficiles, compte tenu de nos rapports historiques, le caractère strictement civil des interventions est nécessaire afin d’éviter tout équivoque. Pour rappel, en 2010, Haïti avait un gouvernement régulier, malgré l’ampleur de la catastrophe qu’a été le tremblement de terre, il avait été refusé la militarisation de l’aide dominicaine. Aujourd’hui, aucun prétendu accord avec ce gouvernement provisoire ne peut justifier cette présence militaire. Nos Nations continueront à s’entraider mais dans le respect mutuel et conformément à nos lois respectives.
Vive Haïti ! Vive la coopération haïtiano-dominicaine !
Jovenel Moïse,
Candidat à la présidence de la République d’Haïti.



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