Environ 75 millions de gourdes de chèques zombis récupérées à la PNH





Environ 75 millions de gourdes de chèques zombis récupérées ces derniers mois à la Police nationale d’Haïti. Le directeur général de l’institution policière annonce l’arrestation de deux membres de la PNH et plusieurs autres en cavale font état d’avis de recherche. Michel-Ange Gédéon promet d’éradiquer cette pratique qui ne date pas d’hier au sein de l’institution policière.

Cette semaine, le directeur général de la police nationale a récupéré et retourné au ministère des Finances 25 millions de gourdes de chèques zombis. En janvier dernier, Michel-Ange Gédéon avait déjà récupéré des chèques zombis de policiers ou de personnel de la PNH évalués à environ 50 millions de gourdes. Ce qui porte à 75 millions de gourdes retournées dans le Trésor public. Il y en a encore, affirme M. Gédéon.

Dans le cadre de la lutte contre la corruption au sein de la police nationale, deux membres de cette institution sont actuellement sous les verrous au Pénitencier national, a informé le chef de la police. M. Gédéon, qui se garde de citer les noms des gens appréhendés, précise qu’ils avaient la responsabilité de distribuer des chèques aux policiers et au personnel de la PNH. Les enquêtes se poursuivent, a-t-il annoncé, soulignant que d’autres policiers en cavale sont recherchés avec l’aide de l’Interpol.

« A la PNH nous donnons le ton et apportons les corrections… », se félicite le numéro un de la police nationale. Michel-Ange Gédéon estime qu’il n’est pas normal qu’Haïti soit toujours placée à la dernière place parmi les pays les plus corrompus dans la région selon les rapports de Transparancy International. Le chef de la PNH entend sensibiliser ses troupes aux méfaits de ce fléau qui gangrène l’administration publique. C’est en ce sens qu’il a organisé cette semaine deux journées de formation sur la corruption à l’intention des directeurs départementaux et responsables d’unités spéciales de la police.




Michel-Ange Gédéon menace par ailleurs de sanctionner avec la dernière rigueur tout policier impliqué dans la corruption au sein de l’institution policière.

Sur la base d’une entente avec des responsables au sein de la police, des anciens membres de la police qui vivent à l’étranger continuent de percevoir leur chèque au sein de la PNH, a dénoncé le DG de la police nationale. Il a promis de mettre une fin à cette pratique qui ne date pas d’hier.

Les directeurs départementaux et les responsables des unités spécialisées, qui ont suivi le séminaire, ont la responsabilité d’aller dupliquer cette formation dans leurs zones respectives.

« Par cette activité d’apprentissage et de réflexions, la PNH, à travers une démarche proactive, entend mettre en garde tout son personnel contre toute pratique peu orthodoxe visant à entraver l’institution dans sa marche ascensionnelle vers une professionnalisation en lien avec une honnêteté irréprochable que nous voulons pour tous ses membres », a discouru Michel-Ange Gédéon.

Michel-Ange Gédéon a appelé la population à participer à la lutte contre la corruption et l’insécurité dans le pays en dénonçant ce qu’elle a vu et en portant plainte. Pour des raisons diverses, bon nombre de policiers ont été révoqués, a-t-il dit. Maintenant, la police entend récupérer les armes qui ont été mises à leur disposition.




Par ailleurs, réagissant à la note de la représentante du secrétaire général de l’ONU en Haïti, Susan D. Page, regrettant « qu’aucun juge d’instruction n’ait été chargé d’examiner les allégations de violations des droits humains commises par des unités de la Police nationale haïtienne (PNH) à Lilavois le 12 octobre 2017, au cours desquelles au moins une personne a été tuée, ainsi qu’à Grand-Ravine le 13 novembre 2017, où huit civils auraient été sommairement exécutés, en plus des deux officiers de la PNH tués », le directeur général de la police a indiqué que la police a déjà bouclé ces enquêtes.

«… les dossiers ont été transférés à la justice. La PNH n’a aucune implication dans le retard enregistré dans l’aboutissement de ces dossiers. C’est à la justice d’assurer le suivi… », s’est-il défendu.




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