Covid-19 : Plusieurs milliers de migrants haïtiens quittent la République dominicaine





Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) a présenté un bilan de la situation migratoire entre les deux pays partagent l’Île. Pour les six premiers mois de l’année en cours, 20 629 cas de rapatriement et 78 195 cas de retournés spontanés ont été recensés dans des points frontaliers officiels et non officiels.

La pandémie de coronavirus a fait fuir par milliers les migrants haïtiens qui ont peur de la vitesse de propagation du virus en République voisine et les mesures de confinement mises en place par les autorités dominicaines. Selon l’Organisation internationale pour la Migration (OIM), 144 000 migrants haïtiens inscrits au Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) ont perdu leurs emplois suite à ces mesures qui ont entraîné la réduction des activités économiques. Sans emplois ni autres activités rémunératrices, des ressortissantes et ressortissants haïtiens ont été contraints de retourner en Haïti.




Au cours du mois de juin, le GARR dit observer une très grande augmentation du nombre des cas de retournés spontanés par rapport au mois de mars : 28 581 retournés en juin contre 1 660 en mars.

Face à cette nouvelle réalité marquée par la COVID-19, le GARR encourage les États de l’île à continuer à travailler ensemble pour freiner la propagation du virus pour le bien-être des deux peuples voisins et le respect des droits humains des personnes migrantes. Il espère qu’avec le prochain gouvernement dominicain, les dossiers binationaux, notamment la régularisation des migrants haïtiens, la migration, seront traités en tenant compte des principes fondamentaux de droits humains.




Sur ce dernier point, le GARR rapporte les témoignages des migrants rapatriés ou retournés spontanément qui disent avoir été victimes de violences de toutes sortes, menaces, vols, escroquerie, dépossessions de leurs effets. Certains ont déclaré avoir été contraints de verser de l’argent pour pouvoir traverser la frontière par des sentiers détournés ou dans les bois. Ils ont été aussi contraints de payer beaucoup plus chers pour le transport.

La majorité de ces migrants sont originaires de Port-au-Prince, Belladère, Hinche, Thomonde, Jacmel, Cayes, Gonaïves, l’Artibonite, Saint-Marc, Arcahaie et Verrettes. Ils vivaient pour la plupart dans les villes dominicaines de Santo Domingo, San Cristobal, Azua, Elias Piña, Las Matas, Duarte, Barahona, Higuey, Monte Cristi, Santiago, Boca Chica et San Pedro de Macoris.

Michelson Césaire

Rédacteur de Radio Télé Scoop



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