3em Lettre ouverte de Jean-Charles à Moïse à Jovenel Moïse.





A vous voir vous débattre dans ces eaux en crue, alors que les plus grandes averses sont à venir, je vous plains dans ma sérénité. Mais par-dessus nos frêles personnes je vois mon pays sombrer. Un pays qui se meurt suite aux inconséquences et aux appétits gargantuesques de certains fils dénaturés. Un coup d’état électoral grotesque a fait de vous, aujourd’hui, l’expression pointue de nos malheurs et de notre déchéance. La nature prend toujours sa revanche. Encore si vous n’étiez pas têtu… Vous auriez pu éviter le désastre.
Souvenez-vous en, dans une première correspondance, j’avais relevé pour vous 17 faux pas qui pourraient entraver votre administration. Dans la seconde, j’ai fait pour vous, davantage comme citoyen engagé plutôt qu’en adversaire politique, la radiographie de la situation sociale, économique, institutionnelle et politique de l’Etat. Devant le spectre affreux de la Révolte populaire qui hante les esprits, j’étais même allé à vous demander de démissionner pour éviter le pire. Mais vous êtes dur d’oreilles.




Mes dires, mes déclarations n’étaient pas, il y a un peu plus de 6 mois, pour amuser la galerie, pour faire opposition, voire faire peur. Ils participent d’approches scientifiques, du recul de l’expérience et de la diligence de l’observation patiente. Vous n’avez pas su en profiter.
Votre amateurisme nous a conduits aux journées d’effroi des 6 et 7 juillet derniers. Misant seulement sur l’émotion que pourrait susciter un match de foot-ball, vous avez décidé de prendre à la va-vite une décision économique avec des conséquences certaines sur les enfants, les jeunes, les familles, la diaspora et le secteur d’affaires. Aucun principe de gouvernance, aucune sensibilité populaire, aucune rhétorique convaincante ne sous-tend la décision. Elle a sonné le glas de votre règne.
Si vous étiez reste fidèle aux idées du cénacle de mon cabinet, je vous aurais dit : Camarade c’est la fin. C’est la fin parce que vous n’avez pas su à temps sauter les fusibles.
C’est la fin parce que 3 semaines après vous affichez une incompétence à redémarrer la machine étatique. C’est la fin parce vous n’avez plus de ressources pour regagner la confiance des concitoyens. C’est la fin parce que vous êtes déjà passé dans l’histoire comme un mauvais apprenti qui est la risée des enfants.
C’est la fin parce que l’inflation galopante vous pousse bientôt dans la fournaise. A titre d’exemple un sac de ciment qui se vendait avant le 7 juillet à 425 gourdes s’achète aujourd’hui à 550 gourdes. Et quand on sait que le commerce a besoin de la paix des rues et des cœurs, il faut prévoir une rupture de stock pour les produits importés.




C’est la fin camarade quand l’Etat est incapable d’honorer des mois d’arriérés de salaires pour les maires, les CASEC, les ASEC et pour nombreux cadres de la diplomatie.
C’est la fin camarade quand votre administration qui loue l’immigration massive de nos jeunes compatriotes désespérés ne peut, aux demandeurs, procurer des livrets de passeport.
Oh ! Oui vous vous apprêtez à rengainer si le problème est identifié, il est à moitié résolu. Mais …
Savez –vous que le week-end passé la banque centrale prévoit encore une décote de la gourde et une augmentation de 13% de l’inflation. (soit-dit en passant que c’est ici le résultat de votre entêtement, je vous avais conseillé. s’il est indispensable de toucher aux réserves. d’orienter ces fonds dans des activités génératrices de revenus à travers des entreprises de classe moyenne).
Savez-vous que l’accord signé sous le sceau du silence avec le F.M.I que j’ai d’ailleurs dénoncé sur les ondes de plusieurs stations de radio de la capitale, des provinces et de la diaspora, cet accord, dis-je, réduit votre latitude de manœuvre en matière de gouvernance. Comment allez-vous appliquer cet accord qui exige entre autres ; la hausse du prix des produits pétroliers, la pritivation d’entreprises publiques comme l’OAVCT, l’AAN. Et surtout cet accord vous enjoint à oublier votre projet phare : La Caravane




Et toutes ces contraintes pour un appui de 250 million dollars. Je veux bien comprendre que le F.M.I joue la carte de la prudence car à Paris, camarade, vous vous êtes présenté comme le défenseur farouche des dilapidateurs de fonds de petro-caribe.
En vérité 3 mois passés en mon cabinet à comprendre le mécanisme, les rouages de l’administration publique ne suffisent pas à mon sens, pour faire de vous un homme d’Etat averti.
Est-ce le malheur qui vous poursuit pour avoir trahi une confrérie engagée dans le demain de Haïti.Une confrérie qui réfléchissait sur une nouvelle forme de coopération pour le pays, notamment la coopération sud-sud qui optait pour la redynamisation et la création d’usines nationales. N’avons-nous pas été ensemble à limonade visiter welsh et aux cayes, la centrale Dessalines. N’avons-nous pas campé des projets de production intense de café, de cacao et de banane ? En transfert de classe, vous vous êtes jeté dans les bras de Martelly et vous êtes parachuté Président pour détruire ce qui reste du pays.
L’accord avec le F.M.I recommande de sévères compressions dans l’administration publique. La grogne vous attend et vous êtes tenu d’appliquer l’accord pour avoir droit à ce support qui vous est indispensable.
Vous êtes entre l’enclume et le marteau. L’Etat régulateur ne crée pas d’emploi ; il crée plutôt les conditions optimales favorisant la création d’emplois
Vous pouvez miser sur quoi pour rebondir ?
 Offrir des postes et des privilèges ? Mais à qui ?
Cela vous rendra encore plus fragile parce que la morale, la sagesse et la lucidité des citoyens ne vous suivront
 Tenter d’obtenir la cohabitation avec les forces politiques ?
Dans tous les entretiens avec des personnalités nationales et internationales, le parti Pitit Dessalines est catégorique. Aucune cohabitation n’est possible entre Pitit Dessalines et votre administration. Et il nous est parvenu que de nombreuses autres organisations et partis politiques représentatifs sont du même avis
 Engager un nouveau dialogue national Vous n’inspirez plus confiance
Le parti Pitit Dessalines vous demande de faire le geste de transcendance, le geste qui pourrait vous absoudre, le geste qui évitera le chaos au pays et il propose une formule de sortie de crise déjà rendue publique. En voici, un aperçu qui dissipera toute inquiétude pour un saut dans l’aventure
Haïti ne saurait perdre le sens de la morale et de la dignité. Autre temps, autres mœurs
Un responsable d’Etat si miné, si avili se devrait de démissionner .Suite à sa démission, la nation, au nom de la jurisprudence, s’accommodera d’un juge à la cour de Cassation pour Président de la République, d’un premier ministre sorti du large secteur démocratique dont la compétence, la moralité et l’engagement citoyen sont à toute épreuve. D’un conseil d’Etat de 11 membres soit 1 membre par département et 1 représentant de la diaspora.
Ce conseil est l’organe pilote des Etats-généraux indispensables à la refondation de l’Etat.
Dès son entrée en fonction le Président Provisoire de la république annonce la tenue des Etats généraux.
La résolution des Etats généraux est imposable aux tiers
Les Etats généraux statueront sur toutes les thématiques intéressant le Renouveau de la Nation entre autres ;




– La constitution
– La configuration du parlement (1 sénateur par département 1 député par arrondissement)
– Les forces Armées d’Haïti
– L’Archétype citoyen haïtien
– L’Adéquation et le fonctionnement des institutions républicaines
– Le cadre légal et environnemental de l’investissement
– La situation écologique
– Le système éducatif
– Identité haïtienne et intégration planétaire
– Sécurité plénière
– Transports et circulation
– Honorabilité de la première dame
– Du cortège présidentiel
– La représentation directe de la diaspora au parlement (députés et sénateurs)
Cette liste n’est pas exhaustive. D’ailleurs un document méthodiquement charpenté sera bientôt soumis à l’appréciation des concitoyens.
Camarade, le discours du parti Pitit Dessalines, aujourd’hui est accueilli favorablement dans les salons diplomatiques de Washington, de Paris, d’Ottawa, de Pékin, de Brasilia, de Santo Domingo, de Caracas etc…
Camarade Jovenel, reconnaissez notre intégrité, nous ne luttons pas pour un morceau de gâteau, des faveurs impériales, mais pour le changement social, comprenez donc aussi notre engagement à maintenir la mobilisation pour faire échec au système désuet et rétrograde.
Le parti Pitit Dessalines vous invite à dépasser votre entêtement pour ne pas finir vos jours au Pénitencier National. Il attend de vous ce geste….

Si vous pouvez encore vous considérer comme citoyen de la Patrie Patriotiquement Vôtre
Moise Jean Charles

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